David et Tara Jarmon, les fondateurs de l’enseigne éponyme, passent la main et cèdent le contrôle du capital à AMS Industries, une société contrôlée par Jean-Paul Bize, l’ex-dirigeant de Schlumberger et d’Actaris (une entreprise née des activités compteurs de Schlumberger qui a connu plusieurs LBO).
Les fondateurs restent toutefois impliqués afin d’assurer une transmission en douceur de la société. L’opération est financée entièrement sur les fonds propres d’AMS Industries, même si un refinancement ultérieur est envisagé.
Francis Varesano, arrivé au printemps 2015 en tant que directeur général, conservera ses fonctions au sein de la société. Ce professionnel de la mode est chargé de poursuivre la stratégie de développement basée sur un important déploiement à l’international, en particulier en Allemagne, aux Etats-Unis et en Asie. Comptant une centaine de boutiques et de corners, essentiellement en France et en Europe, la griffe de «luxe accessible» est également présente dans plus de 600 autres points de vente, au travers notamment de boutiques multimarques. Réalisant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, Tara Jarmon ambitionne de doubler ses revenus d’ici cinq ans. «Après consultation de plusieurs acteurs du monde de la mode, nous avons retenu Jean-Paul Bize. Outre les bonnes relations qu’il a su nouer avec David Jarmon, c’est son profil entrepreneur, sa vision de long terme, mais aussi son autonomie financière qui a fait la différence», a expliqué Francis Varesano dans un communiqué.
Suite à sa carrière dans le secteur de l’énergie, Jean-Paul Bize a créé en 2003 AMS industries qui investit dans trois secteurs : l’énergie, le tourisme et le luxe. Dans le secteur du luxe, AMS Industries a notamment pris le contrôle du joaillier Poiray, de la marque de bijoux Aurélie Bidermann et de Tecla, dans le domaine des perles de culture.
David et Tara Jarmon sont conseillés par le Groupe Fiduciaire Fortuny avec Michel Sarmont, associé, et Laure Maquerlot. AMS Industries est conseillé par Goodwin avec Jérôme Jouhanneaud, associé, et Isabelle Meyrier, counsel. EY Société d’Avocats a mené les due diligences juridique et fiscale avec Audrey Peroni, Bertrand Joussain et Joël Fischer.
Le conseil d’AMS Industries : Jérôme Jouhanneaud, associé au sein de Goodwin
Quels ont été les atouts d’AMS Industries pour emporter le dossier ?
AMS a su se positionner très rapidement et surtout proposer un deal simple, non suspendu à des conditions de financement bancaire ni de réinvestissement de la part des fondateurs. Les bonnes relations nouées entre Jean-Paul Bize et David Jarmon ont également été déterminantes pour permettre à AMS Industries de l’emporter dans ce processus d’enchères intermédié par la banque d’affaires Vulcain. David et Tara Jarmon ont simplement accepté d’accompagner le groupe pendant la période nécessaire afin de faciliter et de sécuriser la transmission. En outre, le groupe AMS n’est pas contraint par des calendriers de sortie et dispose de moyens en ligne avec les ambitions de développement du groupe Tara Jarmon sur le long terme. Ces atouts lui ont certainement permis de se distinguer des fonds d’investissement classiques qui étudiaient le dossier.
Comment se caractérise l’opération sur le plan juridique ?
Pour des questions de rapidité et de simplicité, l’acquisition a été financée «full equity» avec un actionnariat largement détenu par AMS Industries. Toutefois, nous avons structuré la transaction de sorte à pouvoir, dans un second temps, actionner tous les leviers usuellement mis en place dans le cadre d’une opération de LBO. En particulier, une holding d’acquisition a été créée afin de permettre de structurer un refinancement et de permettre au management de monter au capital et d’être intéressé à l’opération.
Comment se sont déroulées les négociations ?
Les discussions ont porté essentiellement sur la structure de prix et sur les termes de la garantie de passif consentie à AMS. Classiquement, les échanges sur la garantie de passif ont donné lieu à des discussions à la fois techniques et animées, mais les équipes de Tara Jarmon et d’AMS Industries ont su collaborer en bonne intelligence, et les discussions ont pu être finalisées dans des délais extrêmement brefs pour une opération de cette taille.