La Caisse des Dépôts s’associe à deux industriels, le fournisseur de solutions interactives pour la télévision Netgem, et Océinde, premier acteur du très haut débit à La Réunion, pour donner naissance à un nouvel opérateur triple play (Internet, téléphone, télévision).
Baptisé Vitis, la nouvelle entité est valorisée 21 millions d’euros et détenue à 55 % par Netgem, 33 % par la Caisse des Dépôts et 12 % par Océinde. Son ambition est de devenir l’opérateur de référence pour les zones couvertes par les Réseaux d’initiative publique (RIP) en fibre optique, autrement dit les zones rurales délaissées par les poids lourds des télécoms. «Vitis va permettre d’accroître l’attractivité des RIP et d’accélérer le déploiement commercial du très haut débit, a déclaré Gabrielle Gauthey, directrice des investissements et du développement local de la Caisse des Dépôts. L’offre de contenus de Vitis repose sur des actifs technologiques solides grâce à̀ l’expertise de ses deux co-actionnaires industriels.» Vitis s’appuie en effet sur le catalogue de Netgem, connu sous la marque Videofutur, pour inclure dans son offre près de 20 000 films et séries en vidéo à la demande.
Commercialisé à un tarif unique de 39,90 euros par mois, l’abonnement comprend une connexion internet très haut débit (1Gb/s), la téléphonie en illimité et une box TV et cinéma donnant accès aux programmes à la demande. Les actifs apportés par Netgem permettent d’ores et déjà à la nouvelle entité de disposer de partenariats avec des fournisseurs d’accès internet comme Monaco Telecom, Netplus (Suisse), Post (Luxembourg) et Zeop (La Réunion), et de s’appuyer sur une base d’abonnés de 150 000 personnes. C’est également un ancien de Netgem, Mathias Hautefort, qui assumera désormais la présidence de Vitis. Il officiait jusqu’à présent comme directeur général délégué en charge de Videofutur, et affiche près de quinze années d’expérience dans les secteurs des télécoms et des média. Latournerie Wolfrom Avocats conseille la Caisse des Dépôts et Consignations avec Caroline Basdevant-Soulié, associée, et Camille Baudin en corporate, Marie-Hélène Tonnellier, associée, et Corentin Pallot en propriété intellectuelle, Térence Cabot, associé, en droit des communications électroniques, Sarah-Jane Mirou, associée, et Elodie De Cock en droit du travail et Pauline de Lanzac, associée, en droit de la concurrence. Solferino Associés accompagne Netgem et Vitis avec Fouad Bellaaroussi, associé, et Marie-Plassart. Paul Hastings épaule Océinde avec Etienne Mathey, associé, et Charlotte Pennec en corporate.
Le conseil de la Caisse des Dépôts et Consignations : Caroline Basdevant-Soulié, associée au sein de Latournerie Wolfrom Avocats
Comment est né ce projet ?
Vitis est d’abord la concrétisation d’une rencontre entre les dirigeants de Netgem et la Caisse des Dépôts. Les deux acteurs ont commencé à évoquer un projet sur les Réseaux d’initiative publique, convaincus de l’importance de ce marché, trop peu couvert par les opérateurs nationaux. La Caisse des Dépôts se positionnant en tant que minoritaire, la volonté d’associer un troisième partenaire est rapidement apparue et Océinde a été choisi pour ses compétences complémentaires en réseaux télécoms.
Quelles sont les caractéristiques juridiques de l’opération ?
Vitis est constitué sous la forme d’une joint-venture, dans laquelle Netgem a apporté des actifs permettant de lancer l’activité (notamment Videofutur), tandis que la Caisse des Dépôts et Océinde ont souscrit en numéraire.
Comment se sont déroulées les négociations ?
Les discussions ont été longues, mais se sont très bien déroulées. Chaque partenaire était convaincu du projet, ce qui a facilité les échanges. Tout l’enjeu a été de réussir à traduire sur le plan juridique les souhaits des partenaires.
Vitis mêle un partenaire public et deux entreprises privées. La présence de la Caisse des Dépôts a-t-elle un impact sur la structuration du deal ?
La structuration du deal respecte les pratiques du marché. Néanmoins, la Caisse des Dépôts ayant une mission d’intérêt général, elle doit respecter une certaine doctrine dans sa politique d’investissement. Elle revendique, par exemple, des droits de veto sur des points qui lui paraissent essentiels. En ce sens, nous devons expliquer ces usages aux partenaires privés, même si ces derniers commencent à bien les connaître, les joint-ventures entre la Caisse des Dépôts et des partenaires privés étant de plus en plus fréquentes.