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Focus

2015 : une année faste pour la Bourse de Paris

Publié le 24 février 2016 à 15h58

Florent Le Quintrec

L’an dernier, la place financière parisienne a été le théâtre d’offres publiques record en valeur et d’une accélération des introductions en Bourse.

29,3 milliards d’euros ! C’est le montant cumulé en valeur des offres publiques intervenues en 2015 sur la place parisienne, selon les chiffres du 7e Observatoire des offres publiques publié la semaine dernière par Ricol Lasteyrie Corporate Finance, membre du réseau EY. Un record ! En 2014, les offres publiques ne s’étaient traduites «que» par 3,2 milliards d’euros d’achats d’actions. Ce chiffre reste néanmoins à relativiser. En effet, l’étude relève que seules 31 offres publiques ont été déposées l’an passé à Paris, soit la quatrième année consécutive de baisse, et un repli de 43 % par rapport au pic de 2011. Les montants record acquis s’expliquent essentiellement par la présence de jumbo deals. En réalité, les cinq plus importantes opérations de 2015 ont représenté à elles seules un total de 27,6 milliards. Dans le détail, l’offre publique d’échange (OPE) d’Holcim sur Lafarge s’est élevée à 15,7 milliards d’euros, celle de Nokia sur Alcatel-Lucent à 11,2 milliards et l’offre de rachat lancée par Alstom sur ses propres actions (OPRA) lui a coûté 3,2 milliards. S’y ajoutent l’OPA de Linamar sur Montupet pour 716 millions et l’OPRA de JCDecaux pour 500 millions. Compte tenu de la rareté d’opérations de tels montants, il semble évident que les prochaines années ne seront pas aussi animées pour la place parisienne.

Des primes en baisse

Autre observation de l’étude : les primes offertes par les initiateurs des offres reflètent la hausse des cours de Bourse. Du fait de la relative bonne tenue des marchés au début de l’année 2015, la prime médiane ressort à 15,4 % en 2015 par rapport au dernier cours de Bourse de la cible, contre 20,8 % en 2014. A titre d’exemple, l’OPA de Linamar sur Montupet proposait une prime de 15,5 % par rapport au cours de clôture de la veille de l’annonce.

Par ailleurs, les offres publiques ont été à 58 % initiées par l’actionnaire de référence ou la société elle-même. Les offres d’actionnaires extérieures ont néanmoins progressé, représentant 42 % du total, contre 35 % en 2014. Alors qu’il est admis que les offres hostiles sont de plus en plus difficiles à réaliser en France, notamment depuis la loi Florange, l’Observatoire confirme que toutes les offres publiques de 2015 ont été amicales. Enfin, les experts de Ricol Lasteyrie soulignent que, parmi les 31 entreprises ciblées en 2015, 13 ont par la suite été retirées de la cote, dont Lafarge (remplacé par LafargeHolcim), Audika ou encore NextRadioTV. D’un point de vue sectoriel, c’est le secteur informatique/NTIC qui a suscité le plus de convoitises, suivi des SSII qui poursuivent leur mouvement de consolidation. A l’inverse, après avoir animé le marché en 2013 et 2014, avec respectivement quatre et sept opérations, le secteur immobilier a ralenti le rythme en 2015 avec seulement deux opérations : l’offre de Northwood sur Cegereal et celle de Foncière des Régions sur Foncière des Murs.

Une multitude d’IPO

Ce 7e Observatoire des offres publiques revient également sur les introductions en Bourse de l’an passé : 28 nouvelles sociétés ont fait leur entrée sur le marché parisien, dont 15 sur Euronext et 13 sur Alternext. La plupart d’entre elles ont eu lieu au premier semestre. Les mois de juillet et d’août 2015 avaient en effet été marqués par une chute des cours. L’étude indique également que la saturation du marché, compte tenu des nombreuses IPO du premier semestre, ainsi que les parcours boursiers difficiles des sociétés récemment introduites expliquent cette accalmie du second semestre. Si Deezer et Oberthur technologies ont dû se résoudre à renoncer à leur IPO, Showroomprivé et Amundi sont allés au bout pour clore une année mouvementée. Compte tenu de la volatilité des marchés depuis le début de l’année 2016 et d’un pipe quelque peu tari, il est peu probable que les candidats à la cotation se bousculent dans les prochains mois.


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