La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

Total : la direction juridique d’Aurélien Hamelle

Publié le 24 janvier 2018 à 14h55

Gabriel Mikulfka

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

Pour ne pas faire comme son frère jumeau, Aurélien Hamelle s’était inscrit en faculté d’économie. Mais assister à un cours de Guy Carcassonne avec son frère le convainc de faire aussi son droit. Diplômé de la faculté de droit de Nanterre avec une Maîtrise de droit des affaires et de celle de Dauphine avec une Maîtrise de sciences de gestion, il parachève sa formation par Science Po. L’étudiant, qui avait participé à plusieurs concours de plaidoirie, effectue ses stages en cabinet d’avocats, en contentieux et arbitrage chez Freshfields. L’équipe est alors composée d’Elie Kleiman et de Constantine Partasides notamment. En 2002, à l’issue du dernier stage, il y est recruté. Tout y est parfait, mais sa soif d’audience n’est pas étanchée. «A l’occasion d’un dossier, j’ai fait la connaissance de François Esclatine, collaborateur d’Olivier Metzner et ils m’ont proposé en 2005 de les rejoindre. L’occasion de profiter du meilleur des deux mondes : haute technicité et dimension judiciaire avec un très bon patron.» Les dossiers de clients étrangers poursuivis en France sont complétés par des affaires regulatory, de compliance, d’embargos et des dossiers pour des faits de blanchiment. A la mort d’Olivier Metzner, les membres de l’équipe, pourtant soudée, décident de prendre leur indépendance. Aurélien Hamelle atterrit chez Allen & Overy, par l’entremise de Denis Chemla. Contre toute attente, l’expérience sera brève. En avril 2016, le groupe Total le recrute. Il découvre «le métier d’avocat en entreprise, la très forte culture du groupe, la diversité des métiers et la nature réellement globale de l’activité.» Après six mois d’immersion, il est nommé directeur juridique du groupe le 1er janvier 2017.

Comment elle s’organise

Sur les 480 juristes, 250 environ sont basés à Paris, Bruxelles ou Genève, répartis en directions au sein de la holding et en directions des branches d’activité. La direction juridique groupe couvre la compliance ; les affaires juridiques holding ; les grands contentieux ; les fusions-acquisitions et opérations financières et, enfin, le management de la fonction juridique. Une autre direction (70 juristes) est dédiée au métier de l’exploration/production ; elle est organisée par zones géographiques mondiales et a une forte expertise projets. Une autre (60 personnes) accompagne les activités de marketing et de services, avec une organisation similaire et une grande polyvalence des juristes. Suit l’équipe raffinage-chimie (30 personnes) organisée par branche du droit et celle de la branche gaz, renouvelable et «power» (20 personnes) organisée selon les métiers, sans oublier la direction juridique des achats groupe (TGP) et du Trading Shipping (TS). Les 230 autres personnes sont réparties dans les filiales. «Certaines filiales sont dotées d’équipes juridiques tandis que d’autres sont couvertes par des hubs géographiques», précise Aurélien Hamelle. Le fonctionnement est collégial et matriciel. «Je rencontre régulièrement chacun des directeurs juridiques de la holding et ceux des branches d’activités, poursuit-il. A partir de 2018, je compte arpenter les couloirs à l’improviste pour échanger de manière plus informelle avec les équipes, ce que je faisais beaucoup en cabinet.» La direction juridique du groupe tire profit des outils numériques tout en favorisant une logique de fluidité des échanges par opposition à un usage systématique de l’e-mail. «Des applications comme WhatsApp ainsi qu'un outil de partage de dossiers et de savoir-faire sont utilisés pour faciliter nos interactions», indique le directeur juridique.

Comment elle se positionne

Rattaché au directeur général du groupe sans être membre du comité exécutif, Aurélien Hamelle participe à de nombreuses réunions liées aux investissements et aux grands projets du groupe, accédant ainsi aux informations stratégiques. Il est par ailleurs membre du comité de performance, ancien comité de direction. «Notre organisation juridique est calquée sur celles des métiers et nous sommes perçus comme de véritables partenaires, explique-t-il. Nous sommes ainsi très consultés. Il faut rester sur une ligne de crête entre l’approche business et le rôle de garant de la sécurité juridique et de compliance. En somme une fonction support, mais support stratégique !»

Qui la conseille

Un panel global de huit cabinets : Dentons, Allen & Overy, Freshfields, Jones Day, Norton Rose Fulbright et Gide, ainsi que Sullivan & Cromwell et Clyde & Co. Des panels nationaux vont être mis en place l’année prochaine. Les cabinets BDGS, Darrois Villey Maillot Brochier et Veil Jourde en droit des affaires ; Boivin & Associés pour les installations classées, Nomos pour la PI et le droit économique, Reinhart Marville Torre en contentieux ; Jean-Benoît Lhomme (LHJ) en contentieux pénal et commercial et en social, comptent déjà parmi les avocats du groupe.


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