Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Sa direction
De la robe à l’entreprise, il n’y a qu’un pas que Karine Huberfeld a franchi allégrement. Après avoir envisagé un temps d’être fiscaliste, elle a finalement décidé d’élargir le spectre au moment de ses études de droit en Bourgogne, au terme desquelles elle a décroché une Maîtrise en droit des affaires et fiscalité et un DESS juriste d’affaires. Son Capa en poche, elle entame en 1998 une carrière d’avocat chez Archibald Andersen Legal, avant de rejoindre en 2000 le département contentieux de Clifford Chance en tant que collaboratrice. Aux côtés notamment de Thomas Baudesson et de Jean-Pierre Grandjean, elle se frotte alors à des dossiers d’envergure, tels que l’incendie du tunnel du Mont-Blanc. Au bout de six ans, elle part visser sa propre plaque, puis intègre un an plus tard l’Autorité des marchés financiers (AMF) comme chargée de mission et inspecteur expert. A l’occasion des enquêtes d’initiés et d’information financière dont elle est en charge, Karine Huberfeld travaille aux côtés de professionnels de tous horizons : anciens avocats, magistrats, traders ou encore commissaires aux comptes en détachement. « Le fait de fonctionner en binôme sur les enquêtes permettait de partager des visions très différentes et de s’enrichir mutuellement. En cabinet d’avocats, nous avions tendance à tous réfléchir de la même manière », souligne celle qui, en 2014, accepte finalement la proposition du groupe financier franco-allemand Oddo BHF de les rejoindre en tant que directrice du contentieux. Petit à petit, l’ex-avocate étend son périmètre à l’activité corporate/M&A/regulatory et aux marques en 2017, puis aux données personnelles en 2018 en tant que data protection officer (DPO).
Son organisation
Chapeautée par Grégoire Charbit, associé gérant et directeur juridique groupe, la direction juridique d’Oddo BHF se divise en France en 3 pôles juridiques distincts : le pôle géré par Karine Huberfeld qui englobe le contentieux, le corporate/M&A, les marques et les données personnelles et compte huit juristes (six à Paris, un à Bruxelles et un à Tunis) ; un pôle dédié à la gestion d’actifs (asset management et private equity) qui compte huit juristes également et un pôle dédié aux métiers d’Oddo BHF SCA (partenariats, activité banque privée et CGP), avec cinq juristes. Le dernier gros développement en date du groupe, à savoir l’acquisition de Landolt & Cie en Suisse, devrait venir gonfler prochainement ces effectifs, en plus de l’équipe de juristes également présente en Allemagne. « Nous avons développé de fortes synergies entre nous, y compris avec les juristes allemands avec lesquels nous échangeons beaucoup, affirme Karine Huberfeld. J’ai pour ma part une vue sur tous les contentieux du groupe au-delà du périmètre strictement franco-français. »
Son positionnement
La direction juridique d’Oddo BHF est directement rattachée à la direction générale. Détail hautement symbolique, leurs bureaux sont situés à Paris au même étage. « Nous sommes véritablement au cœur du réacteur, pour une raison simple qui est que Grégoire Charbit est lui-même un ancien avocat qui a fait ses armes chez Gide, et qui a donc une sensibilité juridique particulière, explique Karine Huberfeld. Dès qu’il y a un contrat à revoir, un sujet nouveau ou un problème quel qu’il soit, la direction juridique est impliquée dès le départ. Les métiers nous appellent immédiatement ; c’est à la fois une richesse pour nous, car nous sommes au cœur du business, et une richesse pour eux car ils savent que quelle que soit leur problématique, nous allons nous atteler à leur trouver la meilleure solution possible. » Autre particularité, le fait que la direction juridique tienne à traiter ses dossiers elle-même. Le recours à un avocat ne se fait qu’en cas de problématique particulièrement sensible ou de représentation devant les tribunaux en matière contentieuse, ou de projet de croissance externe pour lesquels les avocats locaux sont d’une aide précieuse. Parmi les dossiers traités, outre le M&A, le contentieux et les affaires conjoncturelles inhérentes au marché, l’activité de trading de métaux du groupe (Oddo Metals) pose également des problématiques juridiques industrielles plutôt atypiques pour un groupe bancaire et financier : défauts de conformité, produits défectueux, dépôts de plaintes liés à des métaux volés… « De manière générale, nous intervenons sur toute la chaîne, ce qui est intellectuellement très stimulant car cela m’a aidée à mieux connaître nos trois principaux métiers qui sont la banque privée, la gestion d’actifs et la banque de financement et d’investissement », décrit Karine Huberfeld.
Ses conseils
« Nous avons tissé avec nos avocats des liens de confiance précieux. Nous travaillons main dans la main… Mais nous ne leur laissons pas la main ! » Parmi les conseils qui accompagnent régulièrement Oddo BHF, on citera notamment Gide avec Stéphane Puel et Thierry Dor ou encore Renaud Baguenault de Puchesse en immobilier ; Jérôme Bersay en contentieux et corporate ; Jones Day en marchés financiers avec Alban Caillemer du Ferrage ; LPA-CGR en contentieux avec Xavier Clédat et Laurence Wynaendts ; Martin Tomasi en contentieux.