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Ascoval - Les difficultés de British Steel pouvaient-elles être anticipées ?
De mémoire de spécialistes en restructuring, c’est du jamais vu. Après une première annulation le 27 février dernier de la reprise prévue par Altifort, Ascoval connaît de nouveaux déboires avec l’annonce de l’ouverture d’une procédure d’administration sur British Steel UK, dont la maison mère a repris l’usine de Saint-Saulve il y a quelques semaines. Un choc pour les salariés français qui pousse également à s’interroger sur les conditions de validation d’une telle opération. «L’offre n’a pas été présentée par British Steel mais par sa maison mère Olympus (détenue par Greybull Capital), souligne un proche du dossier, il était donc difficile pour le tribunal d’anticiper une telle situation d’autant que le projet était convaincant sur le plan industriel.» Et dans un secteur pour le moins fragilisé, les candidats crédibles sont rares… «Si l’offre d’Altifort soulevait quelques interrogations, notamment au regard de la différence de taille entre les deux entreprises, celle de Greybull Capital semblait assez solide», ajoute une autre source qui rappelle que tout ne se voit pas dans les comptes, «nombre d’entreprises en conciliation ayant un Ebidta positif». L’avocat d’Ascoval, Guilhem Bremond, rappelle quant à lui que les difficultés du sidérurgiste britannique sont en partie liées aux négociations du Brexit ; situation pour le moins spécifique et inédite. «La procédure ne concerne pas directement les entités d’Europe continentale, et pour l’heure, Olympus continue de respecter ses engagements financiers vis-à-vis de l’usine de Saint-Saulve, souligne le fondateur de Bremond & Associés. La solution sera probablement de développer des synergies avec les autres sites du groupe, implantés en Moselle et aux Pays-Bas. Nous continuons dans le sens d'une sortie par le haut.» Bercy a également tenu à rassurer les salariés français, déclarant être «toujours confiants sur la pertinence de l’intégration de l’aciérie de Saint-Saulve avec les activités européennes de British Steel». Reste encore à convaincre les fournisseurs et les clients.
Social - Delsol développe son offre sur la prévention des risques professionnels
Fort d’un département droit social/protection sociale constitué de quatre associés et dix-huit collaborateurs, Delsol Avocats complète son expertise en nouant un partenariat avec Preventech Consulting, un cabinet de conseils dédié à l’amélioration des conditions de travail. Le but de cette alliance est de proposer une réponse globale en matière de gestion des risques professionnels, tant sur la partie réglementaire et contentieuse que sur la mise en œuvre de politique de prévention. «Nous mûrissions ce projet depuis plusieurs mois et avons, pour ce faire, rencontré une dizaine de partenaires potentiels, indique Philippe Pacotte, associé coresponsable du département droit social/protection sociale. Preventech Consulting dispose de l’expertise recherchée tout en ayant la capacité d’intervenir sur l’ensemble du territoire français. L’objectif est de leur adresser certains de nos clients lorsque nous détectons un besoin, mais également de monter des actions de communication communes afin de sensibiliser les entreprises à la prévention des risques professionnels et à l’amélioration de la qualité de vie au travail.» Des premiers dossiers sont déjà en cours avec des retours plutôt positifs ; les entreprises étant de plus en plus en demande d’un accompagnement global. «Aujourd’hui, l’avocat est amené à jouer un rôle de coordinateur vis-à-vis de partenaires afin de suivre ses clients au-delà des sujets juridiques», note Philippe Pacotte.
Fondé en 2004 et employant une trentaine de collaborateurs, Preventech Consulting intervient sur les sujets de sécurité au travail, d’ergonomie, de bien-être au travail et de risques psychosociaux et management.
Non coté - Les valorisations se stabilisent à plus de dix fois l’Ebitda
La forte correction des marchés action au quatrième trimestre 2018 n’aura pas eu d’impact sur les prix du non coté. C’est ce qu’indique l’indice Argos mid-market, qui a mesuré l’évolution des valorisations des PME non cotées de la zone euro sur le premier trimestre 2019. Le prix d’acquisition des PME non cotées européennes se stabilise au premier trimestre, mais à un niveau historiquement haut, à 10,1 fois l’Ebitda. Une stabilité qui masque néanmoins une divergence entre la hausse continue des multiples payés par les acquéreurs industriels et le repli des multiples payés par les fonds de capital-transmission. Les acquéreurs stratégiques déboursent en moyenne 11 fois l’Ebitda pour mettre la main sur des sociétés, quand les fonds de capital-transmission sont prêts à mettre jusqu’à 9,3 fois. Des valorisations qui restent néanmoins historiquement hautes, portées par une activité mid-market dynamique : environ 60 opérations ont été recensées par Argos sur les premiers mois de l’année. Une hausse des prix qui contraste par ailleurs avec l’activité M&A mid-market de la zone euro qui marque un repli au premier trimestre : moins 12 % en volume, et moins 30 % en valeur par rapport au trimestre précédent, conséquences d’un contexte macroéconomique incertain et des tensions politiques liées au Brexit qui touchent l’ensemble de la zone euro.