La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

Vinci : la direction juridique de Patrick Richard

Publié le 31 octobre 2018 à 16h40    Mis à jour le 7 novembre 2018 à 17h39

Sophie Michelin-Mazéran

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

Quand on le rencontre pour la première fois, on se dit que ce discret pétillement dans le regard témoigne certainement d’un esprit véloce, masqué par la nécessaire sobriété qui sied à tout directeur juridique d’une société du CAC 40. La trajectoire professionnelle de Patrick Richard ne nous démentira pas. Inspiré par son environnement familial pluriculturel, il entame des études de langues à l’Institut supérieur d’interprétariat et de traduction qui requièrent de poursuivre en parallèle un cursus juridique. Déjà, la barre est haut placée. Après une parenthèse dictée par son service militaire qu’il effectue comme élève officier de marine dans la branche «interprétariat-transmission», Patrick Richard est interprète de conférence, jusqu’à l’obtention de son DEA de droit européen à l’université Panthéon-Sorbonne. Il décide alors de faire du droit son activité principale. En 1983, c’est la bascule dans «la marmite du BTP», confie-t-il avec humour. D’abord juriste dans la société Dragages et travaux publics, Patrick Richard bifurque ensuite comme juriste international au sein de la société Vallourec, leader mondial des solutions tubulaires. Soucieux d’explorer d’autres univers, Patrick Richard rejoint en 1987 la société Degrémont, expert mondial du traitement des eaux, comme responsable juridique, avant d’en devenir le directeur juridique. Suite à des mariages entre sociétés, il tient son cap et devient directeur juridique de la société Dumez en 1993, puis du groupe GTM en 1996. En 2001, à la faveur d’une expertise juridique et internationale reconnue, Patrick Richard accède au poste de directeur juridique de VINCI SA, puis du groupe VINCI, acteur mondial des métiers des concessions et de la construction. Depuis 2006, il assure en outre le secrétariat du conseil d’administration du groupe.

Comment elle s’organise

Commençons par des chiffres pour donner la mesure des activités embrassées par Patrick Richard. Il anime un réseau d’une vingtaine de directeurs juridiques et de 450 juristes, partout dans le monde. Chez VINCI, il y a en moyenne 260 000 projets exécutés par an. Sa mission d’orchestration est donc primordiale. Partant, il accompagne les directions juridiques dans les difficultés qu’elles pourraient rencontrer, par exemple sur des partenariats public-privé. Il apprécie les engagements que ces directions prennent et qui pourraient impacter la maison mère, ainsi que les grands risques transversaux pouvant affecter l’image du groupe. Et pour que les politiques juridiques à l’échelle du groupe soient homogènes, autant que faire se peut, et que les synergies puissent se déployer, il a instauré des clubs thématiques (le club éthique et conformité, le club corporate, le club marchés ou le club contract management). Par ailleurs, si l’on se tourne vers la direction juridique de VINCI SA, les équipes de Patrick Richard se mobilisent autour du droit des sociétés et M&A, du droit boursier et du droit financier. Enfin, il y a le «tout-venant» comme le résume Patrick Richard, soit le droit des affaires, le droit immobilier, la gestion du portefeuille de marques, la problématique des achats groupés, etc. Mais Patrick Richard ne manie pas seulement le droit au quotidien, il assure aussi la gestion du conseil d’administration de VINCI, tout en étant secrétaire de trois comités : le comité stratégie RSE, celui des rémunérations et celui des nominations et de la gouvernance. Sans oublier sa contribution aux «roadshows» gouvernance auprès des investisseurs significatifs. En tant que membre du comité exécutif, il participe par ailleurs à l’élaboration et au suivi de la mise en œuvre des politiques générales du groupe. Malgré cette diversité de rôles et de sujets, il n'éprouve aucune «sensation de vertige», car vous l’aurez compris, il pratique le «multi-» comme il respire.

Comment elle se positionne

Rattaché directement à Xavier Huillard, P.-D.G. de VINCI, Patrick Richard ambitionne pour ses équipes qu’elles troquent leurs habits de gardien du temple contre ceux de business partner. Pour les y aider, une formation est en cours de déploiement chez VINCI pour qu’elles se projettent dans des responsabilités extra-juridiques, qu’elles prennent des initiatives à bon escient, sans rien céder à l’exigence de rigueur qui constitue l’ADN de tout juriste. Un des challenges auquel Patrick Richard s’attelle aussi, c’est de renforcer les synergies entre ses 450 juristes, alors même que VINCI est sans doute l’un des grands groupes les plus décentralisés au monde qui intègre 40 à 50 sociétés par an. Pour résoudre cette délicate équation, les outils digitaux pourraient apporter une partie de la réponse. Et dans un environnement réglementaire qui se complexifie et se durcit chaque jour un peu plus, une bonne organisation s’avère essentielle.

Qui la conseille

Parmi les conseils qui travaillent auprès de la direction juridique de Patrick Richard, on trouve Linklaters, Clifford Chance et White & Case en matière financière. Altana intervient en droit de la construction. Versini-Campinchi Merveille & Colin, FTPA, Weil Gotshal & Manges sont mobilisés en droit des affaires, et Alain Bensoussan Avocats sur droit et technologie.


La lettre d'Option Droit & Affaires

Dans l’incubateur du barreau de Paris

Marie-Stéphanie Servos

Septembre a marqué la rentrée des classes pour l’incubateur du barreau de Paris (IBP), qui a accueilli sa toute première promotion. Durant un an, quatre start-up juridiques innovantes vont bénéficier d’un accompagnement sur-mesure visant à impulser leur développement. Programme chargé.

Lire l'article

Chargement…