Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
«Quand j’étais lycéen, c’était la magistrature qui m’intéressait ; j’avais une vision idéaliste du droit comme moyen de régler les différends et de rendre la justice. Lorsque j’ai dû choisir un cursus universitaire en 1988, j’ai opté pour le droit. Assez rapidement, c’est le droit lié à l’entreprise qui m’a intéressé», explique en préambule Eric Le Cann. D’origine bretonne, il passe sa Maîtrise en droit des affaires à Brest. Puis crochet par Paris pour un DESS de droit des filières agroalimentaires en 1993. Son DESS en poche, il enchaîne deux CDD chez Even, groupe agroalimentaire coopératif breton, où il remplace une juriste assurance. Au bout d’un an, il bénéficie d’une création de poste au sein de la direction juridique (trois personnes). Il alterne droit des sociétés, droit des affaires, contentieux/recouvrement. Il y reste cinq ans où les missions d’audits qu’on lui confie (identifier les risques sur des dossiers de croissance externe, négocier la documentation juridique) sont très formatrices. Puis, un chasseur de têtes lui propose un poste chez Pomona, groupe spécialisé dans le «food service». De juriste, il devient directeur juridique adjoint au sein d’une direction juridique de huit personnes. Il continue de suivre des dossiers de M&A, mais avec des enjeux plus importants que chez son précédent employeur. Pendant les neuf ans qu’il passe chez Pomona, il participe à la création par croissance externe de la business unit Délice & Création (distribution de produits pour les boulangeries/pâtisseries). Puis nouveau changement. Il démissionne de son poste en septembre 2008, quelques jours avant la chute de Lehman Brothers, pour prendre en décembre les rênes de la direction juridique de Crédit Agricole Capital investissement & Finance (CACIF). Eric Le Cann découvre le métier du private equity au sein d’un groupe bancaire. «C’était une période délicate pour prendre un nouvel emploi, d’autant plus que CACIF était aussi en pleine mue», se rappelle-t-il. Etape importante : au bout de ses cent premiers jours, Eric Le Cann partage avec sa direction son diagnostic sur l’organisation et les améliorations à y apporter afin de clarifier les attributions de sa direction et les modalités d’interactions avec les autres services.
Comment elle s’organise
CACIF est filiale à 100 % de Crédit Agricole SA (CASA). Présente dans tout l’Hexagone, elle gère 1,8 milliard d’euros d’actifs. Elle a deux métiers : Idia capital-investissement qui investit toujours en minoritaire sauf dans le secteur viticole où CACIF possède quelques domaines viticoles. Historiquement, Idia ciblait uniquement les secteurs agricole et agroalimentaire. Depuis trois ans, elle investit dans tous les secteurs via des fonds thématiques comme CA Transitions lancé en octobre 2019 et dédié aux transitions énergétique, agricole et agroalimentaire. Un fonds pour la filière bois est à l’étude. Elle lève des fonds auprès de CASA et des caisses régionales. Sodica Corporate Finance, qui fait du conseil tous secteurs confondus en fusions-acquisitions sur les segments small et mid-cap, constitue l’autre pilier de CACIF. La direction juridique, quant à elle, est composée d’un directeur, d’une chargée de mission juridique qui s’occupe du paralégal ainsi que d’un responsable juridique, recruté en 2015 chez LCL.
Comment elle se positionne
Eric Le Cann rapporte au directeur général de CACIF et au directeur juridique groupe. Des réunions mensuelles entre directeurs juridiques des filiales du groupe lui permettent d’échanger avec ses pairs sur des sujets communs comme la protection des données personnelles ou la digitalisation de la fonction juridique. Eric Le Cann siège au comex de CACIF, où il intervient ainsi sur des sujets en transversal. Actuellement, il pilote le déploiement du volet sociétal du Plan à moyen terme (PMT) de CACIF, le PMT reposant sur trois piliers : client, humain et sociétal. En termes d’accompagnement du business, il intervient pour Sodica en amont pour valider les mandats signés avec les clients ou en aval en cas de litige. S’agissant d’Idia, il assiste les équipes tout au long de la durée de vie d’une participation, mais les due diligences sont confiées aux avocats. «Idia, dont le volume d’affaires a augmenté ces dernières années, est notre principal client en interne», précise Eric Le Cann. L’équipe juridique assure par ailleurs la gouvernance (organisation des conseils d’administration, approbation des comptes, etc.) d’une trentaine de sociétés dont la majorité est constituée par les véhicules d’investissement gérés par Idia.
Qui la conseille
Crédit Agricole a mis en place un panel de cabinets d’avocats référencés. Eric Le Cann travaille ainsi avec Alexis Pailleret en corporate et Rima Maitrehenry en structuration de fonds chez Gide ; Jean-François Pourdieu chez De Pardieu Brocas Maffei ; Laurent Jobert chez Veil Jourde et Fabrice Veverka de Viguié Schmidt & associés (VSA), principalement sur des opérations de private equity et de fusions-acquisitions (due diligences, rédaction de documents, etc.). La direction juridique croise aussi d’autres cabinets comme Lamartine Conseil, Idia intervenant souvent dans des pools d’investisseurs.