La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

Audiens : la direction juridique de Pierre-Emmanuel Chalvin

Publié le 1 juin 2016 à 15h39

Gabriel Mikulfka

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

Faut-il une raison ou un hasard pour devenir juriste ? Pierre-Emmanuel Chalvin l’est sans doute devenu par la conjonction des deux. Un entourage familial qui en comptait quelques-uns. Plus original : un goût pour les maths et les sciences naturelles le conduisent à trouver du charme à cette matière où, dit-il : «Les connaissances juridiques, appliquées aux éléments pratiques, permettent de dégager des solutions sur la base d’une analyse somme toute très scientifique.» Après un Bac C, le voilà étudiant à Lyon 3. Sélectionné en deuxième année pour intégrer le magistère de juriste d’affaires, filière d’excellence, il obtiendra un DESS de droit des affaires et de droit fiscal et un DJCE. Dès lors, il semble avoir eu le souci de perdre le moins de temps possible. Les huit mois précédant son service militaire, il les passera comme collaborateur aux côtés de François Balsan, avocat spécialisé en fusions-acquisitions, associé du cabinet Lamy Ribeyre. «Cela m’a réconcilié avec l’idée que je me faisais de la profession d’avocat et a confirmé mon goût pour tout ce qui était autour du droit, pour une approche macro, replaçant les risques juridiques dans le contexte de l’entreprise.» Officier juriste à Baden-Baden pendant son service, il obtiendra son premier poste à la Camif par une simple annonce. Il y exerce pendant près de dix-huit mois avant d’être recruté comme juriste senior par SFR. D’un rôle très polyvalent, mais plutôt classique, il bascule dans un secteur très dynamique, hors de sa zone de confort. «Mais l’hyper spécialisation du poste s’est profilé et ne m’attirait pas du tout.» En 2002, il est contacté par le nouveau directeur juridique de la Camif pour devenir son bras droit. Une restructuration juridico-financière du groupe est lancée, ainsi que la mise en œuvre d’une distribution multicanal. Alors que ces chantiers ont été menés à bien, Groupama le contacte pour devenir responsable juridique, fiscal et immobilier de la structure à Niort. L’occasion d’élargir ses compétences, d’apprendre le pilotage de projets. Rapidement, hélas, le poste perdra de sa substance : en matière fiscale, par l’intégration poussée au sein du groupe ; ensuite, par une migration informatique signant la perte d’autonomie en matière de création de produits d’assurance. Désireux de continuer à progresser, il saisit l’opportunité offerte par le groupe Audiens. Il en devient responsable juridique et fiscal, puis directeur avant de prendre en charge la fonction conformité. Entre-temps, il aura complété sa formation par un MBA de manager d’entreprise de l’Ecole nationale d’assurance.

Comment elle s’organise

L’équipe comprend six collaborateurs. «Chacun est rattaché à un pôle et joue le rôle de référent pour les opérationnels concernés. Mais tous interviennent régulièrement sur des domaines qui ne sont pas les leurs à proprement parler. Cela démultiplie notre efficacité et maintient le contact direct avec l’ensemble des activités et collaborateurs du groupe.» Le pôle corporate, droit des affaires, fiscalité compte deux juristes. Trois sont en charge des métiers : participations sociales, gestion des congés payés. Enfin, une personne prend en charge la coordination de l’activité conformité. «Toutes les trois semaines, nous faisons une réunion d’équipe afin de faire le point sur les projets et les dossiers, suivre les sujets business pour être en bonne cohérence avec les opérationnels, suivre également les évolutions juridiques corporate.»

Comment elle se positionne

«Le rattachement au directeur général délégué a une double conséquence : nous sommes très impliqués dans les grands projets et bénéficions d’une grande indépendance.» Par ailleurs, de nombreux collaborateurs disposant de connaissances juridiques sont disséminés dans l’entreprise, compte tenu de ses métiers. Bien repérées et suivies par la direction, elles permettent de faire effet de levier. «Nous intervenons en support en cas de besoin et pouvons nous concentrer sur les aspects les plus robustes, particulièrement créateurs de valeur.» Le plan de route actuel comprend trois axes. La structuration de la conformité, rendue indispensable via le contrôle de l’ACPR et du GIE dont le groupe dépend en matière de retraite complémentaire. L’accompagnement des projets innovants, comme la création d’un centre médical. Enfin, aux côtés de la directrice général, les activités d’affaires publiques, dans le cadre de l’action de l’organisme professionnel ou en direct le cas échéant.

Qui la conseille

Chez Fromont Briens, Charlotte Bertrand, en protection sociale complémentaire, et Guillaume Desmoulins, en droit du travail. Franck Morel, de Barthélémy, également en droit du travail. Le cabinet Igman, avec Martine Assie-Seydoux, sur la retraite complémentaire. Enfin, Olivier de Courcelles, du cabinet Féral-Schuhl / Sainte-Marie, en données personnelles.


La lettre d'Option Droit & Affaires

Du mouvement à la direction juridique de Safran

Ondine Delaunay

A la suite du départ à la retraite du PDG Jean-Paul Herteman, de la nomination de Philippe Petitcolin comme directeur général et de Roy McInnes comme président du conseil, Safran procède depuis un an à un vaste remaniement de l’équipe de direction. Le juridique n’y échappe pas.

Lire l'article

Chargement…