A la suite du départ à la retraite du PDG Jean-Paul Herteman, de la nomination de Philippe Petitcolin comme directeur général et de Roy McInnes comme président du conseil, Safran procède depuis un an à un vaste remaniement de l’équipe de direction. Le juridique n’y échappe pas.
Selon les informations de la rédaction d’Option Droit & Affaires, Adam Smith, directeur juridique, a quitté le groupe hier, mettant ainsi fin à une expérience de deux ans au sein du groupe aéronautique et de défense. Ce Franco-Britannique, diplômé de la University College à Londres (1987) et titulaire d’un MBA de la London Business School (1996), a commencé sa carrière comme avocat au sein du département restructuring/ distressed M&A du cabinet Lovells avant d’intégrer la banque d’affaires Dresdner Kleinwort Benson, à Londres, puis de rejoindre le monde de l’entreprise chez EADS, dont il deviendra le directeur juridique en 2002, avant d’entrer dans le groupe DCNS en 2010. En 2014, il avait remplacé Céleste Thomasson, à la tête de la direction juridique de Safran (ODA 221) et avait fait valoir sa grande connaissance de la Common law pour participer aux négociations des nombreux contrats internationaux du groupe. On rappellera notamment la joint-venture signée avec Airbus fin 2014, visant à accroître la compétitivité et garantir la rentabilité de la filière européenne des lanceurs spatiaux (ODA 241).
Pour remplacer Adam Smith, Safran a fait appel à Coralie Bouscasse, elle aussi familière des secteurs de l’aéronautique et de la défense. Diplômée d’un DESS en droit du marché commun et d’un DEA en droit des organisations et relations économiques internationales, elle est ancienne avocate au barreau de Paris. Elle a commencé sa carrière en 1984 au CNRS, en qualité de directeur adjoint des relations internationales. En 1989, elle intégrait le groupe Thalès comme directeur juridique de la filiale ingénierie, puis à compter de 1992 elle exerçait des responsabilités au niveau groupe successivement au contentieux, puis au M&A. Elle était nommée, en 2004, directeur juridique et compliance officer de la division Air Systems, avant de poursuivre ces mêmes fonctions au sein de la division Land & Joint en 2007. Trois ans plus tard, elle rejoignait le groupe Areva comme directeur juridique du business group Réacteurs & Services, avant de devenir en 2012 directeur juridique des activités nucléaires, puis de prendre la tête de la direction juridique groupe en 2014. En intégrant Safran, elle prend aujourd’hui la charge d’une équipe constituée d’environ 120 collaborateurs, répartis dans les 57 pays où est implanté le groupe. Professionnelle avertie et franche, elle n’a jamais caché ses attentes à l’égard de ses conseils externes : «Nous recherchons chez l’avocat de l’hyperspécialisation pour répondre à nos problématiques précises. Le cabinet est perçu comme une équipe intégrée à la direction juridique. Mais le directeur juridique doit impérativement demeurer au cœur de la gestion des problématiques juridiques. “Equipe intégrée” ne signifie pas “sous-traitance”», expliquait-elle il y a quelques années à Option Droit & Affaires (ODA 51). A bon entendeur.