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Portrait

Pathé : la direction juridique d’Arnaud Pavec

Publié le 4 mars 2020 à 15h41

Coralie Bach

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

S’il aime le 7e art, Arnaud Pavec n’ose pas se qualifier de cinéphile : «Je n’ai pas la connaissance encyclopédique que possèdent plusieurs de mes collègues», note-t-il humblement. Car bien souvent travailler chez Pathé ne relève pas du hasard. Beaucoup de salariés, y compris dans les fonctions support, ont choisi cette «maison», heureux d’exercer leur métier dans un secteur qui les passionne. Un changement d’univers pour le directeur juridique qui a rejoint le groupe en novembre 2017, après douze années passées au sein du spécialiste des cartes à puce Gemalto.

Agé de 46 ans, ce breton d’origine grandit dans un univers très international. Enfant, il suit, avec le reste de sa famille, son père, ingénieur, au fil de ses expatriations, quittant la France pour la Côte d’Ivoire, puis le Canada, obtenant d’ailleurs la double nationalité franco-canadienne. Pas de parents juristes mais un oncle administrateur judiciaire et un grand-père procureur qui lui ont certainement insufflé une forme de curiosité pour le droit. Son bac en poche, il opte toutefois pour une prépa école de commerce, avant d’intégrer l’ESCP où il suit une majeure en droit. Diplômé en 1994, il poursuit par un cursus en droit des affaires à l’université de Nanterre, et est admis au barreau de Paris en 1999. Il commence alors sa carrière en tant qu’avocat corporate au sein du cabinet Stibbe (qui sera repris par Latham & Watkins), puis rejoint Vivien & Associés, récemment créé. Mais en 2005, l’envie de rejoindre le monde de l’entreprise le pousse à quitter la robe pour intégrer la direction juridique d’Axalto. Le fabricant de cartes à puce prépare alors son rapprochement avec son concurrent Gemplus : un mariage qui donnera naissance à Gemalto, un leader mondial de la sécurité numérique. En douze ans, Arnaud Pavec gravira de nombreux échelons, passant de juriste fusion-acquisition (2005-2006), à directeur juridique de la branche transactions sécurisées (2007-2013), puis directeur juridique Europe (2014-2016), et enfin directeur juridique EMEA (2017). C’est également à cette époque qu’il devient membre du Cercle Montesquieu. En 2017, il est approché par les responsables de Pathé pour reprendre la direction juridique du groupe. Un défi qu’il accepte de relever avec enthousiasme.

Comment elle s’organise

Le groupe est construit autour de deux branches : la branche films (124 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018), qui gère à la fois la production et la distribution des films, et la branche salles (748 millions d’euros) qui gère l’exploitation des 120 cinémas implantés en France, Belgique, Hollande et Suisse, mais également en Afrique, avec l’ouverture de deux premières salles en Tunisie et des projets au Maroc et au Sénégal. Historiquement, la fonction juridique était partagée entre ces branches, avec une première équipe juridique pour l’activité d’exploitation des salles, une deuxième pour la production et la distribution de films, et une troisième pour les sujets corporate. A la suite de son arrivée, Arnaud Pavec a totalement revu l’organisation afin de recréer une direction juridique transversale en charge de tous les sujets réglementaires et contractuels du groupe. Au total, 19 juristes et trois assistantes juridiques se répartissent autour de six pôles de compétences : corporate ; contrats commerciaux - concurrence - consommation ; IP - droit du cinéma ; immobilier - construction ; informatique - données personnelles ; et gestion des risques et conformité.

Comment elle se positionne

Arnaud Pavec reporte directement au CEO, Jérôme Seydoux, et est membre du Comex.

«La direction juridique fait partie des fonctions stratégiques. Elle est valorisée et prend part aux décisions», souligne ce père de deux enfants. Celui qui se définit comme un «chef d’orchestre» tient par ailleurs à ce que ses équipes soient parfaitement au fait des évolutions du marché du cinéma : «Nous devons connaître les nouveautés du métier, nos concurrents, afin de pouvoir identifier les risques, les qualifier et proposer une solution.» L’arrivée fulgurante des plateformes de streaming, telles que Netflix ou Amazon, constitue certainement l’un des principaux défis du secteur. «Il faut trouver des modèles innovants pour travailler avec ces plateformes. Nous avons, par exemple, vendu à Netflix le droit de diffusion du film Le chant du loup pour certains pays, tout en sortant le film en salles pour d’autres.» Le directeur juridique se veut également attentif aux legaltechs et a initié une démarche de numérisation de l’ensemble des contrats liés au catalogue de films. «L’objectif, à terme, est de constituer une base de données nous permettant d’accéder rapidement à toutes les informations contractuelles, afin de connaître par exemple les droits d’exploitation disponibles pour un film»,  explique-t-il.

Qui la conseille

Pour les sujets corporate, le groupe est épaulé par Vivien & Associés avec Judith Fargeot et Nicolas Vivien ; pour le droit du cinéma et les contentieux associés, c’est Thierry Marembert du cabinet Kiejman & Marembert, et en contentieux général, le cabinet Soulez Larivière avec Daniel Soulez Larivière et Aurélia Grignon. En matière d’IP et de technologies, Pathé est épaulé par DLA Piper avec Jonathan Rofé. Enfin, en immobilier, il fait appel à Racine avec Nicolas Boytchev ainsi que Thierry Gallois pour les aspects de droit public.


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