Crédit Agricole Assurances, via sa filiale Predica, est entré en discussions exclusives avec le fonds d’investissement britannique Charterhouse Capital Partners en vue de l’acquisition de sa participation majoritaire dans Comexposium, l’un des leaders mondiaux de l’organisation des foires et salons commerciaux, pour une valeur d’entreprise qui avoisinerait les 1,3 milliard d’euros.
Suite à l’opération, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Paris-Ile-de-France (CCI Paris Ile-de-France), conserve sa participation de 49 %, aux côtés de Crédit Agricole Assurances et du management du groupe. Grâce à ce nouveau partenariat, les actionnaires souhaitent accompagner Comexposium dans sa stratégie et dans la poursuite de son développement à l’international.
Créé en 2008, Comexposium est l’un des leaders mondiaux de l’organisation des foires et salons commerciaux avec 67 marques couvrant 11 secteurs d’activité, et des manifestations comme le SIAL (Salon international de l’alimentation), Intermat, le Salon international de l’agriculture, ou encore la Foire de Paris. Les salons commerciaux organisés par le groupe rassemblent plus de 48 000 exposants et attirent 3,5 millions de visiteurs par an. Crédit Agricole Assurances/Predica a été assisté par BDGS Associés avec Youssef Djehane, associé, François Baylion et Hannah Cobbett en droit des sociétés, Jérôme Fabre, associé, et Giuliana Galbiati en concurrence, et Guillaume Jolly, associé, en fiscal, ainsi que par Sekri Valentin Zerrouk avec Emmanuelle Vicidomini, associée, en financement. Scotto Partners a accompagné le management de Comexposium avec Lionel Scotto, associé, Franck Vacher et Charlotte Hazan en corporate, et Jérôme Commerçon, associé, et Edouard Frizon en fiscal. Mayer Brown a été en charge de la structuration fiscale pour le compte de Comexposium avec Laurent Borey et Olivier Parawan, associés, Rémy Bonnaud, Julia Videau et Nicolas Vergnet. Freshfields a conseillé Charterhouse Capital Partners avec Nicolas Barberis, associé, Julien Rebibo, counsel, Simon Dievart, Kanitha Neal et Florian Landry en corporate, Stéphanie Corbière, associée, et Thomas Jeannin en financement, Christel Cacioppo, counsel, Elodie Favre-Thellmann et Marie Delmotte en droit social, François Gordon et Maud Chanover en concurrence, ainsi que Carole Steimlé et Cécile Palavit en immobilier. Bredin Prat a représenté la CCI de Région Paris-Ile-de-France avec Sophie Cornette de Saint Cyr, associée, Thomas Priolet et Simon Moysan en corporate, Pierre-Henri Durand, associé, et Céline Allignol en fiscal, Karine Sultan, associée, et Hugues Gascon en financement, et Marie-Cécile Rameau, associée, en concurrence.
Le conseil du management de Comexposium : Lionel Scotto, associé chez Scotto Partners
Quelles sont les raisons qui ont poussé le management de Comexposium et la CCI à nouer ce nouveau partenariat avec Predica ?
Nous étions face à une alliance entre un fonds de private equity, Charterhouse, et un établissement public, la CCI Paris-Ile-de-France. Au milieu de cet actionnariat très hybride, le management de Comexposium, porté par son fondateur Renaud Hamaide, souhaitait nouer un nouveau partenariat de longue durée. Plusieurs fonds de private equity traditionnels ont manifesté leur intérêt, cependant le triumvirat composé du management, de la CCI et de Charterhouse avait au préalable fait le portrait-robot du futur partenaire idéal, qui se devait d’avoir une vision à plus long terme. Cela s’est finalement joué entre Wendel et Predica, des fonds moins traditionnels. Ce qui a fait pencher la balance, c’est la souplesse de Predica en matière d’accord de gouvernance. Le management a joué un rôle essentiel dans cette décision.
Cette opération a-t-elle présenté des particularités juridiques ?
La nouveauté de cette année 2018, observée sur quelques opérations majeures en private equity, c’est que l’on accepte de plus en plus de programmer la liquidité contractuelle en s’indexant sur le multiple d’entrée, en se détachant totalement d’une sortie future. Etant donné que les investisseurs sont de plus en plus long terme, le nerf de la guerre, désormais, c’est la valorisation. Il s’agit de porter l’actif de manière durable.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?
Nous avons dû négocier dans un premier temps avec Predica, puis transférer ensuite l’accord à la CCI qui était à la fois l’actionnaire existant et le futur actionnaire. Cela a engendré une sorte d’effet de vase communiquant. Dans une triangulation de ce type, avec des acteurs qui n’ont pas forcément la même vision de la gouvernance, cela complexifie indéniablement le processus ; le tout est de parvenir à trouver un point d’équilibre entre nouveaux et anciens actionnaires.