Organisée par Option Droit & Affaires et le Cercle Montesquieu, la cinquième édition des Débats du Cercle a réuni plus de 500 personnes à l’Hôtel des Arts & Métiers pour une série de rencontres particulièrement riches.
Directeurs juridiques et avocats se sont retrouvés le 5 avril pour échanger autour de nombreux thèmes. Après une matinée réservée aux directeurs juridiques, qui a notamment abordé la place de ce dernier dans la mondialisation, Marc Guillaume, Secrétaire général du gouvernement a remis le Prix du Cercle à Jean-Philippe Robé, pour son ouvrage «Le temps du monde de l’entreprise : Globalisation et mutation du système juridique», publié chez Dalloz. L’après-midi s’est ouvert avec le discours très attendu du PDG d’Orange. Quelques jours après l’échec du rapprochement d’Orange et de Bouygues Telecom, Stéphane Richard a évoqué l’éclatement du secteur télécom en Europe qui freine, selon lui, les investissements et le déploiement des infrastructures réseaux. Il a également présenté les nombreux projets du groupe, en particulier dans la banque où Orange devrait proposer une offre très prochainement.
Deux tables rondes, animées par Olivier Chaduteau, associé fondateur du cabinet Day One, ont ensuite abordé les questions suivantes : «Stratégie – Comment les grands stratèges ont su transformer leur secteur» et «Entreprise du futur – Transformer l’entreprise par le numérique». Lors de la première, Xavier Caïtucoli, PDG de Direct Energie, est revenu sur la création de la société à la suite de la fin du monopole dans le secteur, et a souligné le rôle de la direction juridique, bien plus «qu’un service support» un vrai service «qui met des buts».
Innover avec le numérique
Le président d’Idinvest Partners, Christophe Bavière, a mis en garde vis-à-vis de certaines images du monde numérique : «Il ne suffit pas d’être disruptif pour être rentable ; l’e-commerce en est une parfaite illustration.» Par ailleurs, business sur le net et méthodes de travail traditionnelles ne doivent pas être opposés, à l’image de Sarenza qui a su appliquer les recettes de la vente en magasin à l’e-commerce. Un constat également fait par Matthieu Malige, CFO de la Fnac, pour qui e-commerce et boutiques physiques sont complémentaires : «Quand nous ouvrons un magasin sur une commune, nous triplons les ventes faites par Internet depuis cette zone.» De son côté, Anne-Sophie Lelay a partagé son expérience de directrice juridique chez Renault (et par ailleurs membre du Cercle Montesquieu) dans un contexte de perpétuelle innovation.
La table ronde sur l’entreprise à l’ère du numérique a réuni Julien Nicolas, COO Europe de Voyages-sncf.com, Sandra Lagumina, directrice générale d’Engie, Philippe Lemoine, ancien patron de Laser et auteur d’un rapport sur la transformation numérique de l’économie, Eric Thomas, directeur juridique de Lagardère, et Anne-Laure Villedieu, associée chez CMS Bureau Francis Lefebvre. Tous ont constaté les profondes mutations générées par le numérique, tant sur leur activité que sur les méthodes de management et d’innovation. Dans un monde où tout un chacun a accès à la connaissance, l’entreprise doit plus que jamais faire preuve d’ouverture et fonctionner sur un mode collaboratif.
Enfin, cette journée a également été l’occasion d’un passage de relais entre Denis Musson (directeur juridique d’Imerys) et Nicolas Guérin (directeur juridique d’Orange) à la présidence du Cercle Montesquieu. Les deux hommes ont tous deux affirmé la nécessité de promouvoir Paris en tant que Place de Droit sur la scène internationale ; sujet sur lequel Denis Musson restera très impliqué. Un argumentaire, présentant les qualités de la France sur le plan juridique, est d’ailleurs en préparation avec l’association Paris Place De Droit.