Une étude britannique pointe les forces et les faiblesses en termes d’attractivité du pays en matière de M&A. Si la situation s’améliore, il reste de nombreux efforts à fournir.
La France a retrouvé un peu de son charme pour les investisseurs. Elle pointe désormais au quatorzième rang des pays les plus attractifs au monde pour y réaliser des opérations de fusions-acquisitions, selon le M&A Attractiveness Index du M&A Research Center de la Cass Business School pour l’année 2014, en collaboration avec White & Case, EY, Ardian et Credit Suisse. Une embellie qui reste à nuancer, puisque la France se trouvait en dixième position du même index en 2012, avant de chuter à la dix-septième place l’année suivante. Elle se situe donc toujours loin derrière les leaders du classement que sont les Pays-Bas, Singapour, Hong Kong, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.
Parmi les différentes catégories retenues pour établir son classement, l’étude de l’université britannique relève que la France peut s’appuyer sur la qualité de ses infrastructures et de ses actifs, demeurés de grande qualité au cours des six années observées (2009-2014), ainsi que sur sa technologie, en amélioration continue sur la période. En infrastructure, elle salue particulièrement les routes de l’Hexagone tandis que, en matière de technologie, elle met l’accent sur la capacité d’innovation du pays. En revanche, les aspects socio-économiques de la France pénalisent son classement. «Pour faire progresser sa position globale, la France doit continuer à s’améliorer dans les domaines réglementaire et politique (comme la fiscalité et l’exécution des contrats) ainsi qu’en matière économique et financière (la taille et la croissance du PIB, par exemple)», souligne l’étude.
Les Etats-Unis très actifs
Du côté des transactions réalisées, la Cass Business School révèle que les opérations, tant sortantes («outbound») qu’entrantes («inbound»), de M&A ont été principalement effectuées avec les Etats-Unis. De 2012 à 2014, 205 deals «inbound» ont ainsi été réalisés, contre 138 transactions «outbound». Les Etats-Unis ont massivement investi dans le secteur des logiciels, avec 18 % des transactions comptabilisées. Les acquéreurs français outre-Atlantique sont quant à eux particulièrement actifs dans les domaines des logiciels et de la santé.
Le Royaume-Uni est le deuxième pays avec lequel la France recense le plus de fusions-acquisitions, suivi de l’Allemagne. Les Britanniques investissent essentiellement dans les secteurs de la construction et des logiciels, tandis que les Allemands s’intéressent davantage à la production d’énergie alternative. Dans le sens inverse, les entreprises françaises acquièrent des sociétés de logiciels et d’équipements outre-Rhin et des groupes de services professionnels et de publicité/marketing outre-Manche.
«Le retour du dynamisme du M&A en Europe a indiscutablement été plus vigoureux en France, qui a compté pour un sixième de l’activité transactionnelle totale l’an dernier, indique l’étude. En premier lieu, plusieurs opérations ont dépassé les 5 milliards de dollars, certaines ayant été bien supérieures.» Le rebond est en effet spectaculaire, les opérations «inbound» en France ayant progressé de 600 % l’an dernier. L’activité bouillonnante des opérateurs télécoms en pleine phase de consolidation a donné aux décideurs des autres secteurs la confiance nécessaire pour reprendre les initiatives, avance le centre de recherche, qui rappelle également que les changements d’états-majors de grands groupes de l’énergie et de la défense, comme Total et Thales, pourraient entraîner de nouvelles grandes manœuvres. Par ailleurs, les troubles de la zone euro semblant désormais passés, certaines opérations suspendues pourraient enfin être finalisées.