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Justice - Les procédures s’éternisent
Dans la dernière édition du tableau de bord de la justice dans l’UE, la Commission européenne évalue l’efficience, la qualité et l’indépendance de la justice dans les pays membres. Le bilan est plutôt mitigé. Parmi les éléments positifs, l’efficience des systèmes de justice s’est globalement améliorée depuis 2010, avec des procédures judiciaires qui durent moins longtemps, ou à défaut dont la durée s’est stabilisée. En la matière, la France fait toutefois figure de mauvais élève, la durée moyenne des procédures civiles, commerciales et administratives de première instance s’étant allongée entre 2010 et 2017. Sur ce point, l’Hexagone se situe à la dix-huitième place, loin derrière le Danemark (1er), l’Estonie et la Lituanie (à noter toutefois que l’Allemagne et le Royaume-Uni n’ont pas été classés sur ce critère faute de données). Les procédures de première instance en matière de blanchiment d’argent frôlent même les vingt mois, contre une moyenne d’un an pour l’ensemble des Etats membres.
Par ailleurs, l’étude note qu’au niveau européen le total des dépenses des administrations publiques consacrées à la justice (hors prison) est resté stable. Toutefois, si les salaires des magistrats et personnels représentent assez logiquement le premier poste de dépenses (+de 60 % pour la France), la Commission pointe une insuffisance d’investissements dans les infrastructures et les outils, comme les logiciels. Enfin, malgré une amélioration de l’accessibilité en ligne des décisions, participant à la transparence des systèmes judiciaires, la perception de l’indépendance judiciaire par les citoyens s’est dégradée. Les motifs les plus fréquemment évoqués sont une protection insuffisante de l’indépendance du juge, et la crainte de pressions économiques et/ou politiques. La France se situe quant à elle au onzième rang avec près de 60 % des personnes interrogées estimant que l’indépendance de la justice est bonne ou très bonne.
Private equity - Cinven clôture un septième fonds à 10 milliards d’euros
Cinven bat des records. Le fonds paneuropéen annonce avoir collecté 10 milliards d’euros pour son septième véhicule grâce aux souscriptions de plus de 180 investisseurs représentant une trentaine de pays. «Le fonds a atteint son hard-cap en moins de quatre mois et a été sursouscrit», indique Cinven dans un communiqué. Il dépasse ainsi son objectif initial fixé à 8 milliards d’euros, obtient 3 milliards d’euros de plus que lors de sa dernière collecte, trois ans plus tôt, et près du double de son cinquième fonds. Ce dernier, levé en 2012 à 5 milliards d’euros, affiche un multiple de 1,4 fois sa mise initiale, pour un retour sur investissement de 21,8 % (à fin septembre 2018) selon les données publiées par l’un de ses souscripteurs, le Washington State Retirement System.
Investissant la plupart du temps en tant que majoritaire, Cinven dispose d’un track record robuste dans des secteurs variés, tels que la santé, les services aux entreprises, l’industrie ou encore la tech. En mars dernier, c’est dans l’éducation que le fonds s’est illustré, en mettant la main sur le groupe d’enseignement supérieur privé Inseec U, dont Apax Partners était propriétaire depuis 2013. De quoi rassurer les acteurs du private equity, en dépit de voix encore discordantes. Selon une note récente de Preqin, si 60 % des investisseurs anticipent une correction des valorisations, et un tiers d’entre eux estime que les performances vont baisser en 2019, la grande majorité pense maintenir son niveau d’allocation à cette classe d’actifs.