La lettre d'Option Droit & Affaires

Le deal de la semaine

L’ambitieuse start-up Save se finance pour 15 millions d’euros

Publié le 9 septembre 2015 à 16h12

Florent Le Quintrec

La start-up Save vient d’annoncer une opération de financement d’un montant total de 15 millions d’euros, en dette et en equity.

A l’occasion de son premier tour de table, la société, créée il y a deux ans par Damien Morin, a accueilli à son capital les fonds Idinvest Partners et 360 Capital Partners, suivis par Kima Ventures (Xavier Niel) et des business angels. Selon la presse, la levée en fonds propres s’élève à environ 8 millions d’euros, complétée par des prêts de Bpifrance et des banques de la société. Revendiquant une croissance de ses revenus de 5 % par semaine, Save se développe sur un concept original : elle répare les smartphones et tablettes défectueux des particuliers en quelques heures avec un service de qualité proposé par coursier ou en magasin à travers notamment plus de 80 corners installés dans des centres commerciaux. Save est aussi présente en Suède et en Suisse, et vise à très court terme la Belgique, le Royaume-Uni, le Portugal et l’Espagne, avec en ligne de mire le marché américain. La société emploie environ 300 personnes et pourrait doubler ses effectifs d’ici la fin de l’année. Dans le cadre du financement en fonds propres, Save était conseillée par Jones Day, avec Charles Gavoty, associé, et Alexandre Wibaux. Idinvest Partners et 360 Capital Partners avaient pour conseil Orrick Rambaud Martel, avec Benjamin Cichostepski, associé, et Olivier Vuillod.

Le conseil d’Idinvest Partners et de 360 Capital Partners : Benjamin Cichostepski, associé d’Orrick Rambaud Martel

Comment Save a-t-elle attiré ces investisseurs ?

Save est une société suivie par TheFamily, qui met régulièrement en contact les start-up avec des fonds de capital-risque dès lors qu’elles ont atteint un stade de maturité ou présentent des perspectives de développement les rendant éligibles à un premier tour de financement. Idinvest Partners s’est intéressé très tôt à l’activité de Save et a rapidement constaté le fort potentiel de la société. 360 Capital Partners ayant également repéré la force du business model de Save, les deux fonds ont logiquement décidé de s’associer pour participer ensemble au premier tour de financement en capitaux propres de la société, au côté de plusieurs business angels, dont Kima Ventures.

L’opération a-t-elle présenté des difficultés juridiques ?

L’opération de levée a été structurée de manière classique pour un premier tour et sa réalisation a été grandement facilitée par la forte relation de confiance que le fondateur a su établir dès le départ avec les investisseurs. Le cadre juridique dans lequel évolue la société présente quant à lui peu de contraintes. La société doit cependant adapter continuellement son organisation interne afin de maîtriser deux composantes essentielles de son activité que sont la gestion du parc de ses emplacements de vente, dont le volume s’accroît de semaine en semaine, et ses ressources humaines, tant au niveau de la gestion des effectifs existants que du recrutement et de la formation. Autant dire qu’il s’agit là de défis quotidiens pour une société aussi jeune et qu’elle est parfaitement prête à relever, comme elle l’a déjà démontré.

Pourquoi avoir choisi de se financer à la fois en dette et en fonds propres ?

Save affiche clairement une ambition de leadership sur son marché, tant localement qu’à l’international. Pour y parvenir, elle doit accélérer encore plus son développement, ce qui impose de disposer à très court terme de fonds d’un montant suffisant afin de mettre en œuvre cette stratégie. Le marché de la réparation des téléphones, tablettes, portables et autres objets connectés est en pleine expansion et tant les investisseurs financiers que les prêteurs bancaires y ont vu un très fort potentiel. Cette appréciation partagée des perspectives de croissance de la société a permis la constitution d’un pool financier autour de la société réparti à parts égales entre fonds propres et dette.

Les levées de fonds de start-up atteignent des records depuis le début de l’année. Comment l’expliquez-vous ?

Cela fait maintenant trois ans que le niveau des levées de fonds s’est considérablement accéléré en France dans un contexte où les start-up françaises confirment leur position d’acteurs incontournables dans l’innovation, notamment dans les domaines du digital et des sciences de la vie. Elles intègrent maintenant systématiquement une dimension internationale à leur projet, ce qui offre des perspectives de développement encore plus importantes qui attirent nécessairement les investisseurs, français bien sûr, mais également étrangers. Nous constatons ce dernier phénomène quotidiennement chez Orrick au sein de notre plateforme internationale Technologies Companies Group ; les deals cross-border et les flux financiers intra-atlantiques n’ayant jamais été aussi nombreux. Par ailleurs, plusieurs fonds de capital-risque français ont bouclé d’importantes levées pour leurs nouveaux fonds ces derniers mois, augmentant de fait les offres de financements et surtout, la motivation des jeunes entrepreneurs.


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