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Reprises à la barre : la taille de l’entreprise comme premier facteur de succès

Publié le 12 juin 2019 à 15h32

Coralie Bach

Alors que beaucoup de professionnels s’attendent à une nouvelle vague de restructurations, et que les cabinets d’avocats se disputent les spécialistes du secteur, Kpmg publie une étude sur les reprises à la barre.

Ciblant les opérations portant sur des sociétés françaises de plus de 20 salariés, dont le jugement a été rendu en 2017 ou 2018, l’étude analyse 458 plans de cession. Premier constat : la procédure est plutôt rapide, avec une durée moyenne de cent trente-cinq jours entre l’ouverture de la procédure collective et l’audience d’examen des offres, voire express pour les gros dossiers, impliquant plus de 500 salariés, avec un délai moyen de quatre-vingt-six jours.

Deuxième constat : Les repreneurs sont dans la grande majorité français (92 %) même si les entreprises de plus de 100 salariés sont acquises dans 15 % des cas par un candidat étranger, généralement européen. Mais quelle que soit leur nationalité, les repreneurs potentiels ne sont pas légion. Les auteurs soulignent ainsi que seuls 34 % des dossiers font l’objet de plusieurs offres… L’attractivité est toutefois plus forte pour les dossiers portant sur des entreprises de plus de 500 salariés (45 % d’entre eux reçoivent plusieurs offres). Cet intérêt des investisseurs pour des ETI se reflète également au niveau des secteurs d’activité. Les entreprises du secteur «commerce de détail, à l’exception des automobiles et des motocycles» sont ainsi celles qui reçoivent le plus d’offres, avec une moyenne de 3,1 offres contre 1,5 offre pour les sociétés des «travaux de construction spécialisés». Mais elles impliquent également plus de salariés (187 salariés en moyenne par dossier contre 46 salariés pour le secteur des travaux de construction).

Enfin, concernant les critères de décision du tribunal, peu de surprises, les chiffres confirment les retours d’expérience des professionnels. L’aspect social apparaît ainsi comme un élément central dans l’analyse du tribunal : près des trois quarts (73 %) des offres retenues sont les mieux-disantes en termes de nombre de salariés repris. Au total, sur les 38 157 emplois menacés, 29 039 ont été maintenus par les repreneurs, soit un taux de préservation des emplois de 76 %. Là encore, les grosses sociétés connaissent des conditions plus favorables puisque en moyenne 83 % des postes sont maintenus dans les entreprises de plus de 500 salariés, contre 74 % pour les entreprises de 20 à 50 salariés. Un enjeu social prédominant qui peut primer sur les conditions financières de la reprise, en particulier lorsque le nombre d’emplois menacés est important. Ainsi pour les dossiers impliquant plus de 500 salariés, dans 60 % des cas, l’offre retenue n’est pas la mieux-disante en termes de prix.


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