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M&A – Investissements étrangers : la France reste résiliente
En pleine vague d’incertitudes mondiales, la France continue d’attirer les investisseurs internationaux avec 1 688 décisions d’investissement d’entreprises étrangères. Certes, c’est un chiffre en recul de 7 % par rapport à l’année précédente, mais la tendance est en baisse de 10 % vers les pays développés. Bref, la France s’en sort mieux que ses voisins. C’est en tout cas le message de Business France, établissement public chargé de l’internationalisation des entreprises tricolores, qui a publié les premiers chiffres du « bilan 2024 des investissements internationaux en France », dont l’intégralité du contenu sera rendue publique le 1er avril. De quoi inciter Laurent Saint Martin, ministre chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger – et ancien patron de Business France (2023-2024) – à commenter dans les colonnes du quotidien Les Echos que « dans un contexte international extrêmement complexe, qui plus est marqué par un ralentissement économique dans de nombreux pays, et dans un contexte hexagonal marqué par un certain attentisme dû à l’incertitude économique et politique, l’attractivité de la France résiste. Il n’y a ni décrochage ni effondrement. » Business France estime que ces décisions d’investissement vont permettre de créer ou de maintenir 37 787 emplois. Et quid de la nationalité de ces investisseurs ? Ces derniers viennent de 62 pays différents, mais sont originaires en majorité d’Europe (64 %). Les Etats-Unis conservent toutefois la première place du classement des pays investisseurs, avec 15 % des décisions d’investissement (252 projets), devant l’Allemagne (14 % des décisions, 232 projets) et le Royaume-Uni (9 % des décisions, 152 projets recensés). Autre fait notable, les primo-investisseurs ont représenté près de 28 % des entreprises étrangères. Les sociétés asiatiques et africaines contribuent particulièrement à ce chiffre : 38 % des entreprises asiatiques ayant investi en 2024 l’ont ainsi fait pour la première fois, comme 85 % des entreprises africaines. Business France souligne aussi que les créations et maintiens d’emplois d’ingénierie et recherche & développement (R&D) ont progressé de 9 % tandis que 43 décisions d’investissement en lien avec l’intelligence artificielle (IA) ont été recensées, contre 28 en 2023. Il y a quelques mois, une édition spéciale du baromètre de l’attractivité du cabinet de conseil EY adoptait un autre ton. Celle-ci indiquait que près d’un investisseur étranger sur deux (49 %) déclarait avoir « réduit ou reporté (leurs) projets d’investissement en France à la suite de la dissolution » (ODA du 20 novembre 2024). A l’époque, si aucune entreprise ne déclarait avoir annulé ses projets dans l’Hexagone, 42 % des dirigeants estimaient que l’attractivité du Royaume-Uni s’était améliorée par rapport à celle de la France, malgré l’augmentation récente de la pression fiscale. Sans surprise, ce sont les « incertitudes législatives et réglementaires (59 % de taux d’inquiétude) et la difficulté à bâtir des business plans fiables » qui arrivaient en tête des raisons de réduction des investissements dans l’Hexagone.
Lancement – Piloté par Fabrice Cohen, Ropes & Gray officialise son implantation à Paris
Son arrivée était prévue depuis plusieurs mois, elle est désormais officielle : la firme de Boston Ropes & Gray débarque à Paris avec comme managing partner, Fabrice Cohen, 54 ans, qui officiait depuis une décennie chez Clifford Chance, cabinet d’où sont issus aussi les deux autres associés fondateurs Thierry Arachtingi, 57 ans, et Emmanuel Mimin, 44 ans. Le trio a fait venir une douzaine d’avocats dont leurs counsels, Maroussia Cuny (financement), Raphaël Durand et Clément Delaruelle (M&A). « L’ouverture de notre nouveau bureau à Paris, dans un climat de regain d’activité du marché des fusions-acquisitions en Europe, offrira à nos clients une présence stratégique et un accompagnement sur mesure en France, mais également plus largement en Europe et à l’international », a commenté Julie Jones, chair de Ropes & Gray. Comme nous l’annoncions à l’automne dernier (ODA du 27 novembre 2024), le trio a posé ses valises au 18 rue de Courcelles, un élégant immeuble haussmannien situé en plein quartier des affaires qui abrite le bureau de coworking Kwerk – où l’on peut trouver par exemple l’activité Five Arrows, le fonds de private equity de la banque Rothschild & Co. – mais aussi situé à quelques mètres d’autres firmes comme Weil, Gotshal & Manges, Norton Rose Fulbright, Mermoz, ou Racine. L’implantation de Ropes & Gray en France intervient alors que plusieurs cabinets américains ont choisi Paris ces dernières années comme tête de pont en Europe. Après Kirkland & Ellis en 2019, le cabinet texan Bracewell spécialisé dans l’énergie et les infrastructures s’est lancé fin 2024. Le cabinet new-yorkais Simpson Thacher lui, a annoncé l’ouverture d’un bureau luxembourgeois au premier trimestre. Avant de viser la capitale tricolore ?