La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

Eurenco : la direction juridique de Karine Tollemer

Publié le 17 juin 2020 à 11h50

Coralie Bach

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

 

«J’ai choisi des études de droit par intérêt intellectuel et je n’ai pas été déçue, j’ai tout de suite aimé la matière», raconte Karine Tollemer. Son bac en poche, la jeune femme quitte Saint-Malo, sa ville natale, pour s’inscrire à la Sorbonne. Elle suit un cursus en droit anglais et nord-américain des affaires, puis en droit des affaires et du financement, qu’elle complète avec un diplôme de Sciences Po. Un bon alliage entre technicité juridique et culture économique et politique qui correspond bien à celle qui pilote la direction juridique du leader européen des matériaux énergétiques depuis un peu plus de quatre ans. «Je suis curieuse de nature, témoigne-t-elle. J’aime apprendre et apprécie à ce titre de travailler dans un secteur à haute valeur ajoutée.»

Sa curiosité, elle l’assouvit d’abord en tant qu’avocate. A l’issue de ses études en 1999, elle fait ses armes au sein du cabinet De Pardieu Brocas & Maffei, avant de rejoindre Clifford Chance, puis Baker McKenzie où elle prend en charge la pratique financement. En 2006, elle poursuit en tant que counsel, chez Norton Rose Fulbright où elle participe à la création du département financement d’acquisition, avant d’intégrer cinq ans plus tard Weil Gotshal & Manges. Au total, près de quatorze années passées au sein de grands cabinets d’affaires, à enrichir sa technicité et sa rigueur, dont cette mère de deux enfants garde de très bons souvenirs : «J’ai exercé suffisamment longtemps pour avoir la satisfaction de gérer de gros dossiers, en interaction directe avec le client. Mais après quelques années, j’ai ressenti l’envie de passer de l’autre côté, explique-t-elle. Je souhaitais intervenir plus en amont, dès les premières réflexions sur les projets.» Aussi, lorsqu’à l’été 2013 elle apprend qu’Airbus recherche un responsable juridique, elle saisit l’opportunité. Elle exerce trois ans au sein du géant de l’aéronautique avant de répondre à la sollicitation d’un chasseur de têtes et de devenir, en janvier 2016, directrice juridique et secrétaire générale d’Eurenco.

 

 

Comment elle s’organise

 

Présent en France, en Belgique, en Suède, aux Etats-Unis, et en Chine, le groupe de 900 salariés et aux 200 millions d’euros de revenus couvre deux activités : la production de poudres et explosifs destinés au secteur de la défense ainsi qu’à certaines activités civiles comme l’exploitation minière ; et la production d’additifs pour carburants. La direction juridique, quant à elle, couvre les différents champs du droit : droit des contrats, corporate, propriété intellectuelle, suivi des marchés publics, ou encore gestion de la compliance. Seul le droit social, géré par les ressources humaines, lui échappe. «Les sujets couverts sont très vastes, allant de contrats de licence de brevet à des investissements pour une nouvelle ligne de production, en passant par un contrat à l’export», souligne Karine Tollemer. Pour suivre ces différents dossiers, elle est épaulée par une équipe composée de quatre juristes (deux généralistes et deux personnes spécialisées en assurance et droit de l’environnement) ainsi que par un paralegal et un apprenti.

Comment elle se positionne

 

Karine Tollemer est directement rattachée à la direction générale qu’elle accompagne sur les différents projets du groupe : «Le directeur juridique doit avoir une vision globale de l’entreprise et de ses enjeux afin de pouvoir alerter sur les risques, mais aussi souligner certaines opportunités. De par mes anciennes fonctions d’avocate, j’ai été habituée à jouer ce rôle de conseil auprès des dirigeants.»

Parmi ses principaux chantiers, la direction juridique a notamment accompagné la filialisation de l’activité additif pour carburant. Un détourage complexe qui a abouti à la naissance de VeryOne le 1er juillet 2018. La même année, est également créée une filiale en Chine, afin d’accompagner le développement de l’entreprise en Asie.

En interne, Karine Tollemer a également mené un important travail en matière de propriété intellectuelle afin d’établir un état des lieux des brevets, marques et savoir-faire de l’entreprise : «Il est assez simple d’identifier les marques et les brevets et d’évaluer leur niveau de protection. Il est par contre plus complexe d’identifier et de protéger les savoir-faire.» Un exercice qui a également été l’occasion de mieux connaître le fonctionnement des différents services du groupe et ainsi de cerner plus précisément leurs besoins. Car pour Karine Tollemer, pas question que la direction juridique soit uniquement «un bureau qu’on vient consulter». «Nous devons être pro actifs !»

Qui la conseille

 

Aramis avec Alexis Chahid-Nouraï en corporate, Taylor Wessing avec Marc Schuler, sur les aspects contractuels et IP/IT, ainsi que Michael Tan sur les aspects de droit chinois. KGA Avocats, avec Eve Derouesné et Kouider Bouabdelli pour leur expertise en droit public, notamment sur les marchés publics de la défense, Bredin Prat avec Marie-Cécile Rameau en droit de la concurrence, Bird & Bird avec Jean-Claude Vecchiatto sur les aspects réglementaires du secteur de la défense. Le groupe s’appuie également sur plusieurs cabinets étrangers afin d’être accompagné sur les aspects de droits locaux. 


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