La lettre d'Option Droit & Affaires

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Les actualités de la semaine

Publié le 19 février 2025 à 15h49

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 4 minutes

Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.

M&A – Vers une recrudescence des opérations crossborder en 2025

Un retour en force des transactions transfrontalières à l’échelle européenne – notamment dans la tech, la santé et l’énergie – stimulées par une plus grande harmonisation réglementaire et des mesures de relance économique. Telles sont les tendances qu’anticipe le cabinet Herbert Smith Freehills à l’occasion de son étude « Global M&A Outlook 2025 ». Reste que les défis persistants liés aux conditions géopolitiques et réglementaires (y compris de potentielles guerres commerciales) « continueront […] de complexifier les transactions », alerte la firme internationale. Et quid de la France ? Malgré l’instabilité politique et une dette publique importante, le marché tricolore montre des signes de résilience. Il faut dire que la baisse des taux d’intérêt est enclenchée tandis que la réouverture des marchés de la dette et des opportunités liées aux restructurations devraient soutenir l’activité, estime le cabinet britannique qui a récemment décidé de se rapprocher à l’international du New-Yorkais Kramer Levin (ODA du 8 novembre 2024). Herbert Smith Freehills relève que l’année passée a été marquée par une « résurgence modérée » des activités de M&A à l’échelle mondiale, après la « stagnation » observée en 2023. Certains facteurs macroéconomiques ont été particulièrement marquants et ont entravé des opérations comme « l’inflation persistante (qui) a continué de saper le pouvoir d’achat et la stabilité financière des entreprises, tandis que les taux d’intérêt, maintenus à des niveaux élevés ont compliqué l’accès au financement et renchéri le coût des emprunts ». Il en est de même pour « la crise ukrainienne [qui] a prolongé les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement énergétique ». D’autres facteurs sont également entrés en ligne de compte comme l’intensification de l’interventionnisme réglementaire, et, en France par exemple, l’instabilité politique découlant de la dissolution. « Les entreprises françaises ont activement recherché des opportunités d’acquisition à l’étranger tout en renforçant leur ancrage sur le marché national », explique Christopher Theris, associé à Paris. Dans l’Hexagone, les opérations domestiques sont restées prédominantes, complétées par des acquisitions internationales. Le cabinet souligne que le secteur technologique s’est distingué l’année passée « tant par la valeur que par le volume de ses transactions ». Quant au secteur porteur de l’énergie, l’acquisition de Neoen par Brookfield pour plus de 6 milliards d’euros a été une opération particulièrement marquante de la période (ODA du 6 juin 2024).

Business – La France, cible privilégiée des investisseurs américains depuis dix ans

Les Etats-Unis aiment la France… et ne se privent pas d’y investir. En dix ans, depuis la reprise très contestée des turbines Alstom par l’Américain GE, les investisseurs outre-Atlantique ont racheté 1 571 entreprises tricolores, pour 132,2 milliards de dollars (environ 126,5 milliards d’euros) d’après des éléments de la base de données LSEG agrégés par Les Echos. Le journal économique relève que sur le podium sont aussi positionnés les Suisses et les Britanniques, respectivement deuxième et troisième acquéreur depuis 2014 mais dans des proportions bien moindres : 58 milliards de dollars (55,6 milliards d’euros environ) pour 346 entreprises pour les premiers, et 48 milliards de dollars (46 milliards d’euros environ) pour 967 entreprises pour les seconds. Outre l’acquisition des turbines d’Alstom – la plus grosse acquisition en dix ans, les opérations marquantes concernent plus récemment la prise de contrôle de 50 % de la filiale grand public de Sanofi, Opella, qui produit notamment le Doliprane (ODA du 23 octobre 2024) par la société de capital-investissement Clayton, Dubilier & Rice (CD&R) et le rachat du parapétrolier Technip par FMC en 2017 pour être scindé. Qu’en est-il des Français investissant aux Etats-Unis ? La plus grosse acquisition outre-Atlantique concerne le rachat de Tiffany & Co par LVMH pour 16,4 milliards de dollars en 2021 (environ 15,7 milliards d’euros). Celle-ci est suivie par la reprise du producteur et distributeur de gaz Airgas par Air Liquide pour 13,4 milliards de dollars (environ 12,8 milliards d’euros) en 2016, et par le rachat du spécialiste du lait bio et végétal The WhiteWave Foods par Danone en 2017 pour 12,4 milliards de dollars (environ 11,9 milliards d’euros). Les investisseurs français n’ont pas à rougir, bien au contraire : les groupes tricolores ont déboursé 232 milliards de dollars (environ 222 milliards d’euros) sur la même période selon les chiffres donnés par Les Echos, soit 100 milliards de plus que les Américains, le tout pour 1 177 entreprises !


La lettre d'Option Droit & Affaires

La maîtrise de l’IA dans l’entreprise passera par le déploiement d’une méthodologie rigoureuse

Emmanuelle Serrano    Temps de lecture 5 minutes

L’entrée en vigueur du règlement européen sur l’intelligence artificielle (IA) se fera de manière graduelle. Le texte ne sera pleinement applicable qu’à partir du 2 août 2026. Julie Jacob et Anne-Marie Pecoraro, associées spécialisées en IP/IT respectivement chez Jacob Avocats et UGGC Avocats, analysent ce sujet épineux pour lequel les entreprises vont néanmoins devoir vite trouver la bonne forme d’encadrement.

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