Cabinets d’avocats, régulateurs, acteurs du monde coté ou non coté, retrouvez leurs principales actualités.
Profession - Le Cercle Montesquieu adapte son organisation face au Covid-19
Comme de nombreuses associations professionnelles, le Cercle Montesquieu s’est adapté afin de continuer d’accompagner ses membres directeurs juridiques durant la crise. Un groupe de travail spécifique a été créé, animé par les deux vice-présidents du Cercle, Bénédicte Wautelet (Le Figaro) et Olivier Bélondrade (Coface), appuyés par Elsa Weber-Jousset (Monnaie de Paris), Armelle Le Veu-Seroude (DCI), et Nathalie Rolland (Hachette Livre). «Notre principale préoccupation est d’informer nos membres et de créer du lien entre eux, souligne Bénédicte Wautelet. Nous avons donc constitué ce groupe afin de centraliser toutes les informations juridiques que nous recevons, principalement des cabinets d’avocats, de les structurer et de les diffuser.» Des webinars sont également proposés en partenariat avec l’EFB ou des cabinets d’avocats.
Mais au-delà de ce service de veille, l’association souhaite avant tout favoriser les échanges entre les directeurs juridiques. Un groupe Linkedin privé a ainsi vu le jour pour permettre à chacun de poser ses questions et de partager son expérience, et un Happy Hour virtuel est organisé tous les vendredis soir, réunissant en moyenne une quinzaine de participants : «Cet événement était auparavant proposé en présentiel une fois par mois, explique Bénédicte Wautelet. Il nous a paru important de le maintenir en visioconférence, et d’augmenter sa fréquence. Les membres peuvent ainsi échanger sur leurs problématiques juridiques, comme les modalités de fonctionnement du télétravail ou la mise en œuvre du chômage partiel, mais également sur l’organisation de la direction juridique. Beaucoup de questions portent sur la gestion des équipes et les méthodes de management. Enfin, plusieurs membres travaillant au sein de groupes internationaux, ils nous informent de l’évolution de la situation sanitaire et économique à l’étranger.»
Private equity - La pandémie incite à plus de sélectivité de la part des acteurs
Le cabinet Roland Berger a pris la température du private equity en France en pleine crise du Covid-19. La société a interrogé 137 dirigeants issus de 69 sociétés de gestion début avril. L’humeur est à un retour aux fondamentaux et à la prudence. Ainsi, 81 % des sondés affirment qu’ils ont l’intention de privilégier les facteurs de résilience par rapport au potentiel de croissance dans leurs futurs choix d’investissement. Les acteurs du private equity ont aidé leurs participations actives à sécuriser leur trésorerie, sans pour autant intervenir plus sur le plan opérationnel. Concernant les retombées que la pandémie devrait avoir sur la vitalité de leurs participations, 9 % des sondés anticipent une baisse de plus de 50 % du chiffre d’affaires, tandis que 26 % tablent sur un repli de 20 % à 50 %. La recherche de build-up à l’effet consolidant pour les participations recueille un large suffrage (76 %). C’est la seconde priorité des sociétés interviewées derrière la performance opérationnelle.
Poussés à opérer des arbitrages avec toujours plus de discernement, les gestionnaires étudieront de façon plus approfondie les synergies réalisables au sein de leurs portefeuilles. Quant au retour à un niveau normal de transactions, les plus optimistes l’attendent pour le dernier trimestre 2020, les plus pessimistes pas avant le deuxième trimestre 2021. Le redémarrage devrait se faire d’abord par la dette privée, le secondaire et l’infrastructure, les LBO étant perçus comme les plus longs à se rétablir, après le capital-risque et le capital-développement. Chose sûre, une majorité des sondés (plus de 75 %) s’attend à un durcissement de la dette accompagné d’un resserrement des covenants et d’une augmentation des taux d’intérêt.
Covid-19 - Le Conseil d’Etat tranche la question des masques pour les avocats
L’Etat a-t-il l’obligation de fournir des masques aux avocats ? C’est cette question que le Conseil d’Etat a tranchée ce lundi 20 avril, à la suite des actions engagées par le barreau de Paris et le barreau de Marseille. Si le Conseil d’Etat a rejeté les requêtes, estimant que l’absence de distribution de masques aux avocats ne révèle pas «une carence portant, de manière caractérisée, une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées justifiant que le juge des référés ordonne les mesures de sauvegarde demandées», il appuie toutefois les demandes des représentants de la profession sur certains points. La haute juridiction administrative indique que dans le contexte actuel de pénurie de masques, il appartient à l’Etat «d’en doter d’abord ses agents, à l’égard desquels il a, en sa qualité d’employeur, une obligation spécifique de prévention et de sécurité». Mais il précise qu’il revient également à l’Etat «d’aider les avocats qui, en leur qualité d’auxiliaires de justice, concourent au service public de la justice, à s’en procurer lorsqu’ils n’en disposent pas par eux-mêmes». Une aide qui peut consister à faciliter l’accès aux circuits d’approvisionnement pour les barreaux et les institutions représentatives de la profession. A ce titre le «Conseil d’Etat refuse ainsi d’admettre l’idée, avancée par le gouvernement, selon laquelle le caractère libéral de la profession d’avocat les priverait de la protection sanitaire qui leur est due par l’Etat lorsqu’ils exercent les droits de la défense», note le barreau de Paris dans un communiqué. Ce dernier précise par ailleurs qu’il mettra à disposition des masques pour les avocats de permanence qui exercent la défense pénale d’urgence.