Un peu plus de trois ans après son arrivée chez DLA Piper, et alors qu’un site a annoncé son départ à la retraite, Michel Frieh, managing partner de DLA Piper Paris, se livre à Option Droit & Affaires en toute transparence.
Vous avez rejoint le cabinet DLA Piper avec l’équipe de Frieh Bouhenic à l’automne 2012. Quel bilan dressez-vous de ces trois années ?
Je crois que les chiffres parlent d’eux-mêmes : à notre arrivée le chiffre d’affaires était de 24 millions d’euros. En 2015, il a dépassé 72 millions. Nous avons donc triplé le chiffre d’affaires et nous pouvons être fiers de cette réussite collective. Le bureau de Paris génère à présent près de 80 % de son activité et envoie un montant significatif d’honoraires aux autres bureaux du cabinet. Il est structuré autour de huit départements et neuf secteurs d’activité et nous avons développé de nouvelles pratiques comme le droit public, la compliance ou le restructuring, et en avons significativement renforcé d’autres comme l’immobilier, le financement, la fiscalité, le contentieux et l’arbitrage ainsi que le M&A.
Les effectifs ont également beaucoup évolué en trois ans, avec plusieurs départs…
Il y a eu des départs d’associés parmi ceux qui n’ont pas adhéré à la transformation du cabinet que j’ai proposée et cela me paraît tout à fait normal : dans tout cabinet, des associés peuvent à un moment donné ne plus se sentir alignés avec la stratégie mise en œuvre et choisir alors de le quitter. Des départs peuvent encore se produire évidemment, mais nous faisons tout pour convaincre nos associés que les changements engagés le sont au bénéfice de tous et de chacun d’eux. Je crois que nous y sommes parvenus car la grande majorité des associés qui étaient déjà chez DLA Piper en 2012 ont contribué de manière essentielle à la réussite du changement. Nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui sans Michael Ostrove en arbitrage, Stéphane Lemarchand en IPT ou encore Bijan Eghbal et Philippe Danesi en social. Nous avons par ailleurs associé plusieurs collaborateurs avec succès et nous allons continuer, car le cabinet a évidemment vocation à associer ses collaborateurs les meilleurs. Les effectifs ont eux aussi triplé, le nombre d’avocats passant de 62 en 2011 à 161 aujourd’hui. L’heure est désormais à la consolidation, étape indispensable, pour nous permettre d’atteindre de nouveaux clients, solidifier la réputation de DLA Piper à Paris, fidéliser les équipes et continuer à attirer de beaux profils.
Par quoi cette consolidation passe-t-elle ?
Elle passe avant tout par un travail de développement qui voit les associés approcher de manière collective leurs clients pour leur présenter des compétences complémentaires. En effet, tous les départements sont constitués d’associés solides techniquement et il s’agit avant tout d’améliorer les conditions dans lesquelles ils travaillent en mettant à leur disposition des outils performants. Nous avons mis en place des outils de knowledge management de qualité tant par leur contenu que par leurs innovations techniques et investi de manière massive dans la formation de nos collaborateurs. Nous avons ainsi constitué un groupe de travail transverse réunissant les groupes de pratiques du cabinet pour réfléchir, en partenariat avec le Cercle Montesquieu, aux enjeux de la réforme du Code civil et un autre sur la transformation numérique.
Dans le même ordre d’idée alliant innovation et qualité, DLA Piper a récemment annoncé un partenariat avec Kira Systems pour mettre en place un logiciel d’intelligence artificielle d’analyse des contrats juridiques pour les procédures de fusions-acquisitions et technologies. Le cabinet prévoit de déployer rapidement le programme dans le monde entier pour les travaux de due diligence.
Comment vous assurez-vous d’un affectio societatis solide dans ce bureau qui est le produit d’associés venant de divers horizons ?
Le bureau est en effet constitué d’un nombre important de femmes et d’hommes nouveaux venant d’horizons très différents. Ce qui les rapproche est leur adhésion au projet de faire de DLA Piper à Paris un acteur respecté de la place, mais également la possibilité de travailler dans un réseau international. Des associés de Paris ont ainsi introduit leurs clients avec succès auprès de plusieurs de nos bureaux européens ou américains.
Un site d’information financière annonçait il y a quelques semaines votre prochain départ à la retraite. Confirmez-vous cette information ?
Elle est fausse. Je vous confirme que je n’ai pas l’intention de m’arrêter de sitôt. Bien au contraire, la consolidation du cabinet me donne plus de disponibilité pour m’investir à nouveau pleinement auprès de mes clients.