La rumeur courait depuis quelques semaines dans la presse anglo-saxonne, avant de se propager au microcosme parisien.
L’arrivée à Paris de la firme américaine serait imminente, bien que conditionnée à l’aboutissement de la procédure d’ouverture d’un bureau. L’autorisation, du ressort de l’Ordre, ne devrait donc intervenir qu’à la fin de l’année, pour une installation effective début 2019 au plus tard. S’il n’y a pour l’instant aucune communication officielle de la part de la firme, deux noms sont néanmoins évoqués : ceux de Vincent Ponsonnaille et Laurent Victor-Michel, recrutés directement chez Linklaters et qui devraient prendre la tête du bureau parisien. Le duo, qui fait partie des experts les plus en vue du private equity à Paris, exerçait respectivement depuis treize et dix-sept ans au sein du bureau de Linklaters dont ils étaient associés. Ils avaient ensemble pris part à plusieurs grosses opérations, dont la cession en juin 2017 de l’enseigne The Body Shop, branche cosmétique de L’Oréal, au groupe brésilien Natura pour 1 milliard d’euros (ODA n° 358 du 14 juin 2017).
La firme, originaire de Chicago, a connu ces dernières années une expansion fulgurante, avec un chiffre d’affaires pour 2017 en hausse de 19 % à 3,165 milliards de dollars. Pourtant, Kirkland ne détenait jusque-là que peu de bureaux, 14 au total, dont un seul en Europe continentale, ouvert à Munich en 2005. Un succès qui tient donc davantage à une stratégie de recrutement soignée, qu’à une course à la croissance effrénée. Pour preuve, l’arrivée de David Higgins, l’un des experts du private equity britannique, recruté à Londres l’an dernier pour un contrat à huit chiffres. En portant son choix sur Vincent Ponsonnaille et Laurent Victor-Michel, Kirkland & Ellis réussit encore à mener un coup de maître, pour une arrivée aussi remarquée qu’attendue.