Chez les juristes d’entreprises, jeunesse est synonyme de parité… quand expérience et inégalités salariales semblent être inévitablement liées. C’est en tout cas ce que révèle le résultat d’une enquête publiée à l’été, par l’Association of Corporate Counsel (ACC), et menée auprès de 5 000 professionnels dans 65 pays.
L’étude, intitulée «Global Compensation Survey 2018», met en lumière une réalité : aucune profession n’est épargnée par les inégalités homme-femme, et le secteur juridique ne fait pas exception. D’autant que, si les débutants semblent épargnés (une femme gagne, au début de sa carrière, 91 % de la rémunération de son collègue masculin), l’ampleur de l’écart chez les juristes plus expérimentés se révèle significative : selon l’étude, les femmes à la tête de directions juridiques touchent seulement 78 % des rémunérations perçues par les hommes, pour un même poste. «Bien que les résultats ne nous aient pas surpris, il est assez décourageant de voir l’ampleur des écarts de rémunération homme-femme au sein de la communauté des juristes d’entreprise», déplore Veta T. Richardson, présidente de l’ACC. Concrètement, pour les postes les plus hauts, le salaire médian d’une femme s’élève à 210 000 dollars selon l’enquête, lorsqu’un homme peut être payé environ 270 000 dollars.
Un écart amené à se réduire
Si le constat n’est pas reluisant, la situation n’est pourtant pas une fatalité, et l’étude se veut optimiste, observant finalement un point positif : les inégalités salariales seraient en train de diminuer. En effet, l’étude constate que chez les directeurs juridiques diplômés à partir de 2010, les disparités salariales seraient deux fois inférieures à celles observées chez les directeurs juridiques sortis d’école dix ans plus tôt. Un «bon espoir de voir cet écart se réduire pour les nouvelles générations de juristes d’entreprise, souligne Veta T. Richardson. Nous espérons que les données de l’enquête mèneront à plus de transparence», ajoute-t-elle.
Au sein des directions juridiques, des postes font figure de bons élèves
D’autant qu’au sein des services juridiques, plusieurs postes font figure de bons élèves. C’est le cas des directeurs de la conformité, dont l’écart salarial entre homme et femme atteint à peine les 5 %. Mais la médaille du meilleur élève revient aux directeurs des opérations juridiques, poste pour lequel l’étude n’a constaté aucune disparité, quand bien même, parmi les sondés, une majorité de femme a répondu, cela reste un exemple à suivre.