La lettre d'Option Droit & Affaires

Interview

La Maison : le nouveau club d’investisseurs de Michel Cicurel

Publié le 10 septembre 2014 à 16h01

Florent Le Quintrec

L’actuel président de la Banque Leonardo à Paris, Michel Cicurel, va lancer La Maison, un club d’investisseurs réunissant de grands noms du capitalisme français tels que Dassault, David Weill, Niel ou encore Granjon. Autour des métiers de banque privée, asset management et private equity, ce nouveau club vise des rendements élevés via une stratégie originale.

Qu’est-ce qui vous a conduit à vous lancer dans ce nouveau projet ?

C’est une rencontre de plusieurs éléments. Le conseil en investissement financier est mon métier depuis longtemps et notamment depuis la création de Michel Cicurel Conseil. J’étais seul dans cette société de conseil et j’utilisais mon réseau pour me démultiplier. Marc Lévy, que j’ai eu la chance de rencontrer lors de mon entrée à La Compagnie Financière Edmond de Rothschild en 1999, et qui en était devenu très jeune (il a 43 ans !) le directeur général, a quitté le groupe un an après moi. Nous y avons vu l’occasion de travailler à nouveau ensemble. L’idée était donc de constituer une équipe soudée et amicale accompagnée d’actionnaires amicaux, qui sont à la fois des familles fortunées et des entrepreneurs reconnus de secteurs et de pays très divers. C’est ce qui conduit actuellement à la création de La Maison. En général, on n’accorde pas assez d’importance aux relations humaines dans les affaires. Je crois au modèle qui consiste à s’entourer d’une équipe qu’on aime, qui est impliquée, suffisamment autonome, participe à la création de valeur et qui, du coup, se sent chez elle, puisque ses intérêts sont parfaitement alignés sur ceux des actionnaires.

Pourquoi avez-vous choisi de tisser des liens étroits avec Banque Leonardo ?

Marc Lévy et moi avons pris les commandes de Banque Leonardo en octobre 2013 et nous voyons de fortes synergies potentielles entre cette banque privée et la holding d’investissement que nous lançons. Nous investirons pour compte propre et la Banque Leonardo investira pour compte de tiers. Les clients de la banque privée pourront ainsi profiter des investissements de La Maison, qui s’appuieront sur le deal flow et le jugement de ses grands actionnaires, dont plusieurs feront partie du comité d’investissement. Ce qui est un gage de qualité. Tandis que nos investissements pourront être offerts aux clients de la banque privée, réciproquement, il est vraisemblable que les actionnaires de la Maison trouveront intérêt à être client de Banque Leonardo, qui sera leur banque. Et c’est déjà le cas pour certains.

Où en êtes-vous de votre objectif de lever 100 millions d’euros ?

Nous sommes en train de boucler notre levée de fonds à ce niveau. Mais nous ne souhaitons pas aller au-delà, car nous ne voulons ni dilater notre petite équipe ni diluer notre performance (15 % à 30 % de rendement annuel). Notre modèle est celui d’une boutique qui fonctionne en «architecture grande ouverte» en partenariat avec les «best in class», à la fois pour les investissements de la holding et les services de la banque privée.

Comptez-vous lever d’autres fonds après avoir investi cet argent ?

Il ne faut jurer de rien, mais je ne le crois pas. Nous ne fonctionnons pas comme un fonds d’investissement. Le montant de 100 millions d’euros répond à notre objectif de faire tourner l’argent. Nous redistribuerons l’essentiel des plus-values au fur et à mesure et réinvestirons le principal. Notre petit groupe envisage une durée de vie de dix ans. A l’issue de cette période, nous ferons un point d’étape avec nos actionnaires. Certains voudront sans doute sortir, d’autres entrer. Durant ces dix ans, il devrait y avoir deux phases d’investissement et de redistribution.

Quelle sera votre approche en private equity ?

Pour investir nous avons déjà sélectionné comme partenaires Cogepa, avec qui nous collaborons étroitement, ainsi que Marker et Arjil Capital Gestion qui offrent des rendements élevés correspondants à nos objectifs.

Nous visons des opérations de capital développement, sur des small cap dont le chiffre d’affaires et les profits sont en forte croissance, et qui font appel à des financements pour accélérer leur développement. Nous envisageons idéalement des tickets de 5 à 10 millions d’euros, sur des durées de trois à cinq ans. En revanche, nous n’avons pas de critères sectoriel ou géographique déterminés. Par exemple, chez Marker, où nous comptons investir, Thomas Pompidou et ses partenaires ont développé depuis longtemps leurs investissements en Chine, en Europe, aux Etats-Unis et en Israël, à la fois dans des métiers traditionnels et de la high-tech. De même, nos investisseurs chinois et israéliens nous associeront à un courant d’affaires passionnant entre la Chine et Israël, que nous pourrons d’ailleurs faciliter. Et bien sûr, nous investirons en France, où il est toujours possible de gagner beaucoup d’argent. Et je suis heureux que de grands investisseurs français et étrangers fassent confiance à la France, quand même… !


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