La lettre d'Option Droit & Affaires

Le deal de la semaine

Ardian valorise le courtier SFAM 1,7 milliard d’euros

Publié le 14 février 2018 à 15h15

Coralie Bach

SFAM réorganise son capital à l’occasion d’une opération valorisant le courtier en assurances 1,7 milliard d’euros.

Ardian fait sont entrée au capital en tant qu’actionnaire minoritaire, tandis qu’Edmond de Rothschild Investment Partners, qui soutient la société depuis 2016, cède une partie de sa participation. Le président fondateur, Sadri Fegaier, conserve la majorité. En parallèle, une émission obligataire, souscrite par ICG, est mise en place. L’opération vise notamment à financer l’investissement de SFAM dans le groupe Fnac Darty. Le courtier a annoncé avoir pris une participation de 11 %, soit un investissement de 335 millions d’euros, devenant ainsi le deuxième actionnaire du groupe. Dans un communiqué, il précise d’ailleurs pouvoir renforcer sa position «en fonction des opportunités du marché», mais exclut une prise de contrôle du groupe. SFAM, qui distribue déjà via les enseignes ses produits d’assurance, souhaite ainsi renforcer son partenariat commercial.

Créé en 1999 et implanté à Romans-sur-Isère, SFAM est le leader français du courtage d’assurances pour les produits de téléphonie mobile et multimédia. Récemment, l’entreprise a également étendu ses activités aux programmes de fidélités (cash back) et services web. Connaissant une croissance fulgurante ces dernières années (+ 2 500 % en cinq ans), elle sert aujourd’hui plus de 4 millions de clients, avec une présence en France, en Belgique, en Suisse et en Espagne. Des implantations au Portugal, aux Pays-Bas et en Italie sont également à l’étude. Employant 1 300 salariés, SFAM vise les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 2018. SFAM est conseillé par Nicole Guedj, avocate, ancienne ministre et conseiller d’Etat, et par Aklea avec Christophe Cochet, associé, Hortense d’Avout, Maïquel Garcia et Ludovic Baujard en corporate ; Yann Rouleux et Gilles Bazaille, associés, en fiscal ; Bénédicte de Carlan, associée, Lucie Barbot et Delphine Proton sur les aspects distribution et concurrence ; Sidonie Lacroix-Girard, associée, Eve Maubert et Chloé Boban en social. Dethomas Peltier Juvigny & Associés est intervenu sur les aspects boursiers avec Arthur Dethomas et Frédéric Peltier, associés, ainsi qu’Etienne Létang. Villechenon a également épaulé SFAM sur les aspects financement avec Tristan Segonds et Gilles Roux, associés, ainsi que Martin Kyuchukov-Roglev. PwC Avocats a mené les VDD avec Jérôme Cochet, associé, Thomas Auffret et Florent Fassier. ICG est accompagné par AyacheSalama avec Alain Levy, associé, Leslie Batazzi, David Puzenat, Ina Vignon et Mickaël Labigne en financement, ainsi que par le cabinet Cohen & Gresser avec Muriel Goldberg Darmon, associée, et Guillaume Guérin, counsel, sur les questions de droit boursier. Ardian est assisté par Weil, Gotshal & Manges avec David Aknin, associé, Gautier Elies, counsel, en M&A, Romain Ferla, associé, en concurrence, et Cassandre Porgès, counsel, en financement.

Le conseil de SFAM : Christophe Cochet, associé, Aklea

Quelles sont les caractéristiques de l’opération ?

L’opération comporte deux volets. D’une part, le groupe SFAM, qui a connu une forte croissance depuis l’entrée d’EdRIP, recherchait un nouvel actionnaire minoritaire capable d’accompagner ses projets de développement. Plusieurs acteurs se sont manifestés et l’offre d’Ardian a été retenue en raison de la qualité du fonds ainsi que de son implantation en France, un point important pour le management.

Par ailleurs, le groupe SFAM souhaitait renforcer ses liens avec Fnac Darty. Grâce à l’augmentation de capital et à la mise en place d’un financement unitranche par ICG, il a pu financer une prise de participation de plus de 11 % au capital de Fnac Darty.

Quels ont été les aspects les plus délicats à gérer ?

L’une des principales difficultés a été de gérer les différents aspects du dossier dans un calendrier très contraint. Il a ainsi fallu coordonner les négociations sur l’entrée d’Ardian avec les discussions avec EdRIP pour sa sortie partielle, tout en s’accordant avec ICG sur la mise en place d’un nouveau financement. Cela a permis un débouclage quasi concomitant des différentes opérations.

EdRIP a réalisé un peu de cash out tout en conservant une petite participation. Cette sortie partielle a-t-elle eu un impact sur les négociations ?

Elle a constitué un élément facilitateur. Le fait qu’EdRIP souhaite réinvestir témoigne de sa confiance dans le développement de la société, et est donc de nature à rassurer le nouvel investisseur. Les questions de gouvernance ont par ailleurs été facilement réglées, un équilibre ayant rapidement été trouvé entre les différents actionnaires.


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