Les avocats se sont montrés plutôt fidèles à leur cabinet l’année dernière. La nouvelle édition du baromètre Day One sur les mouvements d’associés dans les cabinets d’affaires, décompte 209 mouvements en 2017, soit le plus faible volume depuis 2010.
Si le mercato a été moins actif que d’habitude, il n’en demeure pas moins instructif. L’étude souligne ainsi d’importantes évolutions quant aux expertises concernées par ces recrutements. Sans surprise, le corporate/M&A conserve la première place du podium (27 % des mouvements) auquel il faut encore ajouter les experts en capital-investissement (11 %), fortement sollicités ces derniers mois. Les demandes pour les autres pratiques sont en revanche bouleversées. Les spécialistes du contentieux arrivent ainsi en deuxième position, avec 35 mouvements, suivis des associés en IP/IT. La prochaine entrée en vigueur de la réglementation RGPD conduit évidemment les cabinets à se renforcer dans cette matière, mais l’environnement réglementaire ne constitue pas la seule motivation : «Cette évolution peut également s’expliquer par la problématique de digitalisation qui vient bouleverser les entreprises dans leur fonctionnement, dans leur rapport aux clients, et dans leur gestion des données. Les cabinets sont donc attendus sur ces sujets nouveaux où la législation est en train de se construire», note Jérôme Rusak, associé chez Day One. Enfin, avec onze mouvements l’année dernière, contre seulement deux en moyenne depuis 2006, l’expertise santé connaît son plus haut niveau historique. Une demande qu’il convient toutefois de relativiser, la pratique ne représentant que 5 % des recrutements d’associés.
L’autre évolution relevée par le baromètre concerne l’origine des cabinets accueillant de nouveaux associés. L’année 2017 a ainsi clairement été favorable aux structures américaines au détriment des cabinets anglais… Les premiers ont recruté 42 associés, soit 20 % des mouvements, pour 32 départs, tandis que les cabinets anglais ont enregistré 45 départs pour 27 arrivées. Un record qui témoignerait d’un premier effet du Brexit sur le marché des conseils. Enfin, les cabinets français ont quant à eux moins recruté que les autres années : 129 associés sont venus étoffer leurs rangs, le plus faible volume depuis 2010.