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DEAL DE LA SEMAINE

Le fonds tricolore FCDE s’empare du groupe familial Allez

Publié le 18 février 2026 à 15h53

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

A l’issue d’un processus d’enchères, le fonds de capital-investissement FCDE prend le contrôle de l’entreprise Allez, spécialisée dans les services à l’énergie. L’opération, qui doit encore recevoir le feu vert de l’autorité de la concurrence, pourrait aboutir d’ici l’été.

Après plus de 90 ans d’existence, Allez s’apprête à changer de mains. Le groupe familial indépendant opérant dans le génie électrique, et qui compte 1 500 salariés sur 40 sites, va accueillir comme actionnaire majoritaire le Fonds de consolidation et de développement des entreprises (FCDE). La société de capital-investissement française passe par son troisième fonds récemment clôturé à près de 400 millions d’euros (ODA du 19 novembre 2025) et intervient aux côtés de l’équipe de management, et de la famille fondatrice. Attendue d’ici l’été, la réalisation définitive de l’opération reste soumise au feu vert de l’autorité de la concurrence. Le deal intervient alors que parallèlement FCDE a décidé de prendre le contrôle du groupe Hemeria, acteur industriel tricolore d’équipements et systèmes critiques destinés aux secteurs de la défense et du spatial (ODA du 17 décembre 2025) mais s’est désengagé de Bertin Technologies spécialisé dans l’instrumentation pour applications scientifiques (ODA du 10 décembre 2025). FCDE est conseillé par McDermott Will & Schulte avec Henri Pieyre de Mandiargues, associé, Julien-Pierre Tannoury, Alexandre Bomet et Gauthier Marchand, en corporate ; Côme de Saint-Vincent, associé, Hugo Jentile, en droit fiscal ; et Frédéric Pradelles, associé, Mary Hecht, en droit de la concurrence ; ainsi que par Gramond pour les due diligences avec Xavier Gramond, Mélanie Gramond et Christophe Oger, associés, Julien Loth, en juridique, fiscal et droit social. Les membres de la famille Allez sont accompagnés par Jeausserand Audouard avec Patrick Loiseau, associé, Bastien Derrieux, en corporate ; et Pascal Gour, associé, Morgane Martin, en droit fiscal ; ainsi que par Mazars pour les due diligences avec Jérôme Gertler, associé, Victor Fayad-Walch, en juridique ; Natacha Gavrilovic et Constance Fleury, en droit fiscal ; et Claire Davaine-Marciniak et Milla Leboisne, en droit social. Le management est assisté par Scotto Partners avec Claire Revol-Renié et Charlotte Hazan, associés, Amina Matouk, en private equity ; Julien Pardieu, en droit fiscal ; et Alban Tourneux, en droit social. Les banques sont défendues par De Pardieu Brocas Maffei avec Christophe Gaillard, associé, en financement de dette.

Le conseil de FCDE : Henri Pieyre de Mandiargues, associé chez McDermott Will & Schulte

Quels sont les éléments marquants du deal ?

La prise de contrôle du groupe familial Allez par FCDE intervient dans le cadre d’un processus d’enchères particulièrement compétitif. Elle s’inscrit tout d’abord dans un contexte d’opération primaire d’un acteur industriel assez intégré et dans lequel des réorganisations vont être nécessaires. La transaction est marquée par le réinvestissement important de la famille fondatrice mais aussi, pour la première fois, par une prise de participation minoritaire d’un pool de managers. Au-delà de la question du prix, FCDE s’est distingué des concurrents – notamment d’un autre Français et d’un Européen dans la phase finale – par la relation qu’il a su créer avec le représentant des fondateurs. La famille réinvestissant de manière significative, les performances financières que le FCDE a pu enregistrer dans d’autres entreprises de son portfolio et le bon climat qu’il a maintenu dans celles-ci ont sans doute été des éléments importants.

Comment l’opération est-elle structurée et financée ?

Le deal se réalise au travers d’un véhicule à deux étages, celui du bas rassemblant la dette tandis que celui du haut héberge les participations des investisseurs. Le financement est assuré par une dette bancaire apportée par une demi-douzaine d’établissements, le reste par des fonds propres. FCDE passe par sa structure d’investissement FCDE Fund III, bouclée en novembre dernier avec une sursouscription à plus de 400 millions d’euros. Pour leur part, les managers ont pu bénéficier d’un cadre attrayant mais surtout balisé juridiquement et fiscalement depuis un an, le législateur ayant éclairci les modalités du régime des « management packages ». Dans l’ensemble, les parties ont été vigilantes afin de ne pas tendre le levier de la dette au maximum contrairement à d’autres deals LBO. L’objectif est d’abord de pouvoir maîtriser les charges financières. Il est aussi de conserver des capacités d’emprunt dans le but de réaliser des opérations de croissance dans le futur.

Quels en ont été les défis ?

Le premier challenge a été de parvenir au signing dans un temps extrêmement réduit. Dans le cadre d’une entreprise quasi centenaire qui s’ouvre pour la première fois à un fonds, il a été ensuite important d’obtenir un accord satisfaisant tant pour l’acquéreur, la famille Allez que la société et le management. L’enjeu a été de trouver l’équilibre entre le respect de la relation ancienne qu’avaient les fondateurs avec le groupe, et la mise en avant de l’équipe dirigeante qui est pleinement dans l’opérationnel.

Dans un climat économique tendu, ce secteur est-il plus résilient que d’autres ?

Nous constatons que dans toutes les industries dans lesquelles il y a un sous-jacent lié à la transition énergétique, de nombreuses consolidations et développements vont être opérées dans les années à venir. L’appui annoncé des pouvoirs publics en la matière est également un signal positif à relever.


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Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 9 minutes

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