Solvay cède son activité de polyamides (une famille de plastiques incluant le nylon) à son homologue allemand BASF pour 1,6 milliard d’euros, soit environ huit fois l’Ebitda 2016 et environ sept fois l’Ebitda des douze derniers mois.
La cession porte sur l’ensemble des activités polyamides en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, ainsi que sur les activités liées aux plastiques techniques en Amérique latine. Employant près de 2 400 salariés, dont 1 300 en France, les entités concernées regroupent douze sites de production, quatre centres R&D et dix centres de support technique, pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros. L’opération vient finaliser un important plan de réorganisation initié en 2014, quelques années après la fusion avec Rhodia. Au total, le chimiste, qui s’est recentré sur les activités à plus forte valeur ajoutée, a mené une quarantaine de cessions et acquisitions. Pour sa part, BASF, qui était déjà présent sur le marché des polyamides, élargit son portefeuille de produits renforçant ainsi sa position de fournisseur dans les secteurs de la construction, du transport et de l’industrie. L’acquisition lui permet par ailleurs d’étendre sa présence internationale, notamment en Asie et en Amérique du Sud. En 2016, BASF a enregistré un chiffre d’affaires de 57,6 milliards d’euros. Solvay a quant à lui réalisé 10,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour un Ebitda de 2,28 milliards. La transaction devrait être finalisée d’ici le troisième semestre 2018. Solvay est conseillé par Davis Polk avec, à Paris, Jacques Naquet-Radiguet, associé, Juliette Loget, counsel, Andrew Rowe, Géraldine Fromage, Ferdinand Barbé et Abeba Negga en corporate, ainsi que Jean-Mathieu Cot, counsel, sur les aspects concurrence. Solvay était également conseillé par Bredin Prat avec Patrick Dziewolski, associé, Jing Wei et Vincent Langenbach sur les aspects corporate, Julien Gayral, associé, Magali Buchert, counsel, et Victor Camatta en fiscal et Marc Pittie, associé, et Natacha Callens sur les aspects concurrence. LPA-CGR Avocats est également intervenu sur les aspects environnementaux avec Frédérique Chaillou, associée, et Sarah Becker ainsi que sur les aspects immobiliers avec Philippe Jacques, associé. BASF était accompagné par DLA Piper avec à Paris Jeremy Scemama, associé, et Arnaud Lafarge en corporate, Cendrine Delivré, Frédérik Azoulay, Edouard Sarrazin et Pascal Martin, associés, ainsi que Marine Legendre et Matthias Davy, sur les aspects contentieux et réglementaire, Eric Villateau, associé, sur les aspects de financement, Lionel Rosenfeld, associé, et Julia Gaspard, en droit immobilier, ainsi que Philippe Danesi, associé, et Eva Amor en droit social.
Le conseil de Solvay : Jacques Naquet-Radiguet, associé, Davis Polk
Dans quel contexte s’est initiée cette transaction ?
L’opération, que Bredin Prat a coconseillée avec Davis Polk, s’inscrit dans la stratégie de transformation du portefeuille de Solvay, initiée il y a quatre ans. Cette dernière vise à recentrer le groupe sur des activités à haute valeur ajoutée et moins consommatrice en capitaux. Elle suit notamment la vente d’Acetow, l’activité de câbles d’acétate de cellulose, en début d’année à Blackstone. Un processus d’enchères a donc été lancé mettant en compétition plusieurs fonds et industriels.
Quels éléments ont permis à BASF de l’emporter ?
BASF a su présenter la meilleure offre tant en termes de prix qu’au niveau de l’intérêt stratégique de l’activité et de la certitude d’exécution de l’opération. Celle-ci inclut en effet différentes entités dans plusieurs pays, dont une joint-venture avec un partenaire, et ce dernier s’est d’ores et déjà engagé à donner son accord pour poursuivre avec BASF sous réserve de la signature de la documentation définitive.
Avec une valorisation à environ huit fois l’Ebitda 2016, l’offre proposée est particulièrement intéressante pour le secteur de la chimie…
La valorisation se justifie par la bonne santé de l’activité, qui a connu une importante croissance au cours de ces douze derniers mois. Elle illustre en outre l’aspect concurrentiel du deal.
Comment se caractérise l’opération au niveau juridique ?
La transaction mêle à la fois des cessions d’actions et des cessions d’actifs. Selon les pays, les activités concernées sont soit autonomes, soit imbriquées dans des entités multibusiness. Une attention particulière a donc été portée sur la faisabilité et les complexités des détourages.