Le cabinet français Veil Jourde se positionne sur l’international.
Il vient d’abord d’annoncer l’ouverture d’un bureau à Bruxelles lui permettant d’intervenir au plus près du centre décisionnel sur des questions touchant aux enquêtes de concurrence, aux aides d’Etat, au contrôle européen des concentrations, mais également bien sûr au droit européen. Mais le cabinet tente surtout de se démarquer de ses confrères français en lançant une offre de conseil sur les conséquences d’un éventuel Brexit. Alors que la Confédération britannique de l’industrie évalue à 128 milliards d’euros ce que coûterait à l’économie britannique le vote en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les entreprises françaises qui ont des intérêts dans le pays pourraient également être impactées. De même que les fonds d’investissement, les banques et les établissements financiers. «Nous avons structuré une équipe en interne pour réfléchir aux conséquences juridiques concrètes d’une telle hypothèse et établir des recommandations auprès de nos clients. Elle est constituée notamment des équipes d’Emmanuel Tricot, spécialiste du droit du Traité et du droit de la concurrence, d’Emmanuel Glaser en droit public et en droit des aides d’Etats, de Christophe Delrieu en fiscalité transfrontalière, d’Hervé Pillard en financement, et de toute l’équipe d’associés en corporate/investissement», détaille Jean Veil. «A ce stade, nous devons également construire des scénarios d’intervention en cas de Britstay, ajoute Emmanuel Tricot. Si le Royaume Uni choisit de rester dans l’Union européenne, l’accord conclu récemment par David Cameron, qui pourrait notamment induire une nouvelle forme de concurrence dans la réglementation bancaire entre la place de Londres et le reste de l’Europe, sera d’une manière ou d’une autre mis en œuvre. Il est évidemment complexe à ce stade de prédire la portée d’un Britstay, de même que les conséquences d’un Brexit induiront d’être spécialement attentifs aux mécaniques et aux signaux des institutions européennes, mais on ne peut imaginer un statu quo dans un cas comme dans l’autre. Quoiqu’il arrive nos clients doivent donc être conseillés en la matière, et la réflexion et l’expertise de nos équipes, de même que nos liens avec la sphère européenne, nous y préparent spécialement.» Si une telle offre a déjà été lancée par plusieurs cabinets anglo-saxons, Veil Jourde fait figure de précurseur dans le monde des cabinets français. Nul doute que d’autres structures devraient rapidement suivre le même chemin.