L’AFIC organisait le mardi 22 septembre sa troisième édition du Forum LPs/GPs. L’occasion de revenir sur les performances du private equity français en 2014 et de mettre en avant les atouts du pays pour attirer les investisseurs étrangers.
«La France dispose de nombreuses forces favorables au private equity : ses managers, sa R&D, ses infrastructures de transport… Le private equity français délivre les meilleures performances en Europe», a souligné Michel Chabanel, président de l’AFIC en introduction de cette matinée. En effet, après avoir connu des années difficiles post-crise, le capital-investissement français a repris des couleurs depuis 2013. «La France est le premier marché du private equity en Europe continentale, avec près de 9 milliards d’euros investis en 2014, soit une hausse de 35 % par rapport à 2013, a présenté Agnès Nahum, présidente de la commission des relations avec les investisseurs de l’AFIC. Les levées de fonds ont atteint 10,1 milliards d’euros en France l’an dernier. Nous revenons sur des montants de levées annuelles de plus de 10 milliards d’euros.» Et sur 10 euros levés par les fonds de private equity en France sur la période 2012-2014, 4 euros venaient de LPs étrangers. En termes de performances, le private equity français dans sa globalité affiche un TRI net de 11,3 % sur dix ans à fin 2014. Même le venture capital (VC, capital-risque) rebondit après plusieurs années de vaches maigres. Son TRI net sur dix ans s’établit à 2,1 % à fin 2014, contre seulement 0,8 % à fin 2013.
Les LPs s’intéressent de nouveau à la France
Forts de ces chiffres encourageants, quatre GPs français réunis en table ronde se sont réjouis de la montée en puissance des investisseurs étrangers dans les levées de fonds. «Les LPs étrangers reviennent à des stratégies d’investissement plus locales qu’auparavant, ce qui est une bonne chose pour la France car les LPs français sont encore affectés par les réformes de Bâle 3 et de Solvency 2 », a rappelé Jean-Paul Bernardini, président de Nixen Partners. Du côté du capital-risque, Guillaume Aubin, managing partner d’Alven Capital Partners, s’est également félicité de la bonne orientation des levées de fonds. «Le marché du VC dépendait quasi exclusivement des LPs français jusqu’à récemment. Les investisseurs internationaux ne considéraient pas la France comme un pays adapté au VC. C’est en train de changer.»
Le marché français présente toutefois certaines limites qui l’empêchent d’attirer davantage d’argent de l’étranger. En effet, le pays dispose de trop peu de fonds d’envergure à même d’attirer ces liquidités. «De nombreux LPs étrangers, du fait de certains ratios à respecter, ne peuvent pas investir dans les nombreux fonds français de taille trop modeste», a regretté Christophe Karvelis, président de Capzanine.
Les principales sources d’inquiétudes de LPs internationaux restant le cadre juridique et fiscal français, les GPs présents ont salué le fait que la loi Macron ait détricoté une bonne partie de la loi Hamon qui semblait freiner les investissements étrangers. «En matière fiscale, il n’y aura pas de nouvelles taxes au cours des dix-huit prochains mois du fait des échéances électorales, ce qui apporte une certaine visibilité», a ajouté Jean Eichenlaub, président de Qualium. Et Christophe Karvelis d’ajouter : «Si l’on prend en compte toutes les contraintes qui pèsent sur les entrepreneurs français, les performances qu’ils délivrent sont remarquables. Ils font partie des meilleurs au monde.»
Des stratégies d’investissement à redéfinir
Dans ce contexte, la stratégie des fonds est essentielle pour s’attirer les faveurs de ces investisseurs. «Nous devons travailler sur les secteurs que nous connaissons le mieux, trouver le bon management, le bon reporting, et réaliser des build-up pour créer de la valeur», a insisté Jean-Paul Bernardini.
Etre capable de préempter des deals se révèle également un atout, notamment pour les opérations primaires prometteuses. «Nous devons prendre plus de risques qu’il y a dix ans, être beaucoup plus présents dans les projets et plus proactifs», estime Jean Eichenlaub. Se différencier par son approche et sa capacité à repérer les bonnes affaires semble toutefois moins aisé en capital-risque. «C’est un secteur plus risqué et plus volatil, nous devons donc présenter des arguments solides démontrant que nous pouvons faire mieux que les performances passées. L’environnement est meilleur, les étudiants sont inspirés par les réussites de Facebook ou Criteo et veulent de plus en plus créer leur entreprise», insiste Guillaume Aubin. De quoi espérer des rendements prometteurs pour les années à venir.