La nouvelle a déjà fait grand bruit et suscité de nombreuses réactions : la pénaliste Nathalie Roret, actuelle vice-bâtonnière du barreau de Paris, devrait prochainement succéder à Olivier Leurent à la direction de l’Ecole nationale de la magistrature (ENM).
La principale intéressée, elle, préfère pour l’heure rester discrète et attendre que sa candidature soit officiellement acceptée pour s’exprimer. Elle a simplement souligné sur les réseaux sociaux «l’honneur» qui lui était fait, précisant : «Je le vis comme une mission majeure dans l’intérêt de la justice et des justiciables qui permettra de renforcer le lien entre avocats et magistrats.» Car si le garde des Sceaux a souligné que Nathalie Roret deviendra la première femme à occuper cette fonction, c’est bien le fait qu’elle soit avocate et non magistrate qui interpelle. Eric Dupond-Moretti, qui dans le passé s’était exprimé en faveur de la suppression de l’ENM au profit d’une formation commune aux magistrats et avocats, a ainsi rappelé sa «conviction qu’une justice de qualité ne peut être rendue sans le concours des avocats».
Agée de 57 ans, celle qui a exercé aux côtés des anciens bâtonniers Mario Stasi et Jean-René Farthouat dispose d’une importante expertise en matière de responsabilité pénale et de gestion et prévention des risques pénaux pour les entreprises et les dirigeants. Au cours de sa carrière, elle est intervenue dans de nombreux dossiers sensibles, que ce soit dans le domaine de la santé publique et des risques sanitaires, à l’instar de l’affaire du sang contaminé ou de celle du Médiator, ou dans le domaine de l’environnement et de l’alimentation, notamment avec le dossier de la vache folle. Assurant également des fonctions de médiatrice, elle a par ailleurs été élue vice-bâtonnière du barreau de Paris aux côtés du bâtonnier Olivier Cousi pour le mandat 2020-2021. Une fonction qu’elle devra quitter lorsqu’elle deviendra la dix-septième directrice de l’ENM et qui place le barreau de Paris dans une situation inédite, et pour le moins floue quant à son éventuel remplacement. Olivier Cousi doit ainsi se réunir avec les anciens bâtonniers et vice-bâtonniers afin d’évoquer la situation et faire des propositions.