La lettre d'Option Droit & Affaires

Portrait

Raise : la direction juridique de Sophie de Fontenay

Publié le 24 mars 2021 à 14h43    Mis à jour le 24 mars 2021 à 17h32

Sahra Saoudi

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Sa direction

Si l’étudiante rêvait de droit pénal des affaires et de problématiques liées à la criminalité en col blanc, la jeune avocate au parcours classique – maîtrise/DESS/Capa au barreau de Paris – est finalement happée par les sirènes du M&A après plusieurs stages. Sophie de Fontenay commence donc sa carrière en 2000 chez EY où durant trois ans elle officie au sein du département M&A. Cette équipe est contrainte de quitter le cabinet en 2004 en raison du scandale Enron, qui conduira les principaux réseaux mondiaux d’audit appelés « Big five » à se recentrer sur leur activité historique. Le point de chute des ex-EY est Baker & Mackenzie pour y créer la pratique Financement immobilier. Après sept années en cabinet, Sophie de Fontenay décide « de passer de l’autre côté du miroir » en rejoignant une direction juridique. « Quand on est en cabinet d’avocat, on vous appelle une fois la décision prise. En entreprise, on participe à la stratégie. C’est plus challengeant », explique celle qui devient alors general counsel durant sept ans chez Inovalis Fund Management, un fonds spécialisé en asset management avec 2 milliards d’euros d’actifs immobiliers gérés en Europe. Sophie de Fontenay y crée comme « un cabinet d’avocats en interne ». De 2012 à 2014, elle officie ensuite comme head of legal Europe pour The Ascott limited (propriétaire des résidences de tourisme Citadines), avant d’intégrer comme directrice juridique Compagnie Lebon, un family office coté. Son intérêt pour le mouvement émergeant de finance responsable lui fait rejoindre le Groupe Raise en 2019 pour y créer à nouveau la fonction juridique. « Cela a été le critère principal, assure-t-elle. Raise a un positionnement unique dont je partage les valeurs. J’ai décidé de sauter le pas quand j’ai rencontré Clara Gaymard et Gonzague de Blignières, pionniers de cette finance engagée dédiée aux entreprises de toute taille. » Raise, créé en 2013, repose sur un mécanisme de financement conjuguant rentabilité et philanthropie puisque les équipes d’investissement reversent 50 % de leur intéressement à l’accélérateur RaiseSherpas dédié aux start-up. Le groupe gère aujourd’hui plus de 1,2 milliard d’euros à travers quatre fonds.

Son organisation

La direction juridique de Raise se limite à deux salariés, Sophie de Fontenay et une juriste plus spécifiquement rattachée à l’aspect corporate. Structuration des fonds d’investissement, mais également sujets réglementaire, de compliance, de gouvernance ou de gestion des risques constituent le quotidien de ce binôme. « Je collabore également à la stratégie de développement durable de Raise avec la quarantaine d’entreprises que nous couvrons, indique Sophie de Fontenay. Mais comme nous sommes une petite équipe, nous faisons également le choix de nous appuyer sur des expertises externes très fortes. » Ce qui n’empêchera pas la direction juridique, à moyen terme, de grossir en termes d’effectif, notamment sur la partie conformité, et de se spécialiser en fonction des besoins. Raise est une société en pleine croissance. Le nombre de ses collaborateurs a doublé ces dernières années (55 collaborateurs actuellement), comme le nombre d’activités.

Son positionnement

La fonction juridique de Raise est rattachée à la direction générale, pilotée par les cofondateurs, Clara Gaymard et Gonzague de Blignières. Sophie de Fontenay est au comité de direction et au comité ESG. Ce fonctionnement lui permet, ainsi qu’aux services transversales, de partager la vision à long terme du groupe. La directrice juridique collabore aux différents projets, comme RaiseLab, lieu d’open innovation qui met en relation grands groupes et entrepreneurs, et Raise La plume, lieu qui sera lancé en région à l’été sur la permaculture. « Nos métiers, nos enjeux pivotent vers des fonctions très réglementaires. Tous ces textes peuvent créer un millefeuille anxiogène, note Sophie de Fontenay. Mon rôle est de rendre accessible ces sujets et d’en faire des leviers de développement. »

Ses conseils

Sur la structuration de fonds, Raise collabore avec Clifford Chance avec Xavier Comaills et Elodie Cinconze, mais également avec Florence Moulin et Emmanuel de La Rochethulon de Jones Day. Concernant les marques, le conseil historique est Nataf Fajgenbaum avec Fabienne Fajgenbaum. Le groupe fait également appel, de manière plus ponctuelle, à Sophie Havard Duclos du cabinet Laude Esquier Champey. Sur les aspects immobiliers, il travaille avec l’étude de notaires Cheuvreux, avec Céline Galy-Carcenac et Xavier Boutiron. Raise compte également comme conseil ponctuel sur les aspects corporate Virginie Gaubert Ravoire, ancienne d’EY Société d’Avocats, LL Berg et Freshfields Bruckhaus Deringer, qui a créé son propre cabinet, Gaubert Ravoire Avocats. Delsol Avocats, avec Lionel Devic et Marie d’Ozouville, accompagne Raise sur la partie philanthropie, notamment pour la création du fonds RaiseSherpas. Hors juridique, Raise fait appel au cabinet de conseil 99 Advisory sur les sujets conformité et contrôle interne, et à Sirsa Reporting 21 sur les sujets de développement durable.


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