Il avoue lui-même n’avoir pas prévu cette promotion. Alexandre Menais vient d’être nommé Executive vice president (EVP) M&A et corporate development d’Atos et membre de son comité exécutif.
Une nomination que l’on pourrait analyser comme une reconnaissance du travail considérable effectué par ce juriste depuis son arrivée au sein du groupe en 2011. Atos Origin venait alors d’acquérir Siemens IT Solutions and Services et d’être rebaptisé Atos. La fonction juridique avait besoin d’être réorganisée et de se repositionner au niveau stratégique. Le groupe avait alors confié les rênes de sa direction juridique à ce juriste compétent et travailleur.
Diplômé d’un DEA de droit privé (Strasbourg III, 1996), Alexandre Menais a commencé sa carrière comme avocat spécialisé en marchés publics. En 1997, il rejoint le Crédit Mutuel comme responsable juridique nouvelles technologies. Il lance en parallèle, avec quelques amis d’université, juriscom.net, une association de professionnels, d’universitaires et d’étudiants spécialisés dans le droit des technologies de l’information. Le nouveau millénaire le renvoie à la profession d’avocat, chez Lovells, au sein du département IP-IT. Il exerce au sein des bureaux parisien et londonien. Trois ans plus tard, il intègre le groupe Xerox comme directeur juridique, puis en 2003, le groupe Ebay, d’abord comme directeur juridique France avant de prendre rapidement la responsabilité de l’Europe entière. En 2009, il rejoint Accenture comme directeur juridique pour la France, le Benelux et l’Ile Maurice.
En intégrant le groupe Atos, en 2011, Alexandre Menais se voyait confier une tâche d’envergure : repositionner la direction juridique au sein du groupe, lui faire gagner en visibilité et lui donner une véritable dimension de business partner. Une mission qui sera surnommée en interne «Transformation Program». Parmi les initiatives mises en œuvre par le directeur juridique, citons notamment la mise en place d’un réseau social interne baptisé Lawnet. «Il s’agit d’une approche de travail collaboratif entre les 140 juristes du groupe», expliquait-il alors dans la presse. Un outil de travail partagé, de discussion et d’accès au savoir entre tous les membres de la direction juridique. Des initiatives qui ont permis à la direction juridique de se faire reconnaître en interne comme un centre de profits et d’obtenir des responsabilités supplémentaires comme le contract management, notamment.
Alexandre Menais rejoint aujourd’hui le clan des rares directeurs juridiques français à avoir atteint des fonctions corporate dans l’entreprise. Une cooptation qui va le contraindre à quitter le conseil d’administration du Cercle Montesquieu. Certaines rumeurs parlaient même de lui comme futur président du Cercle, les dés sont donc désormais rejetés.