Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.
Qui la dirige
L’équation est pour lui naturelle. Un littéraire doué pour les questions de logique et appréciant les mathématiques ne pouvait que se trouver heureux en faculté de droit. Vingt-cinq ans plus tard, son goût pour la matière juridique et la pratique du droit est intact. Né à Cannes, Aymar de Franqueville aura fait son droit à Sceaux puis à Nanterre, où il obtiendra un DESS de droit des affaires. Le temps d’accomplir son service militaire, et le voilà recruté comme unique juriste par Worex, filiale d’Esso, en charge de la distribution de gasoil pour les particuliers. «Durant quatre ans, j’ai été un juriste opérationnel, m’occupant aussi bien des contrats que des baux et du secrétariat juridique.» Mais le directeur juridique d’Esso France lui propose d’intégrer le siège afin de directement profiter de ses compétences en matière de distribution et de relation avec les exploitants des stations-service. Deux ans plus tard, il est chassé et devient juriste senior dans le groupe La Redoute qui vient d’être racheté par PPR, devenu depuis Kering. Droit des contrats avec les fournisseurs, défense des nombreuses marques du groupe, droit des affaires corporate… En 2000, il devient directeur juridique. «J’ai commencé à apprendre le management et mes rapports avec le groupe PPR se sont resserrés à l’occasion de sa réorganisation, de la vente de Finaref et de la création de la holding Redcats.» Ces compétences sont repérées par Adeo, holding réunissant les activités bricolage de Leroy Merlin, appartenant à la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan. Sa mission : créer la direction juridique, accompagner le fort développement, notamment à l’international. Il y restera près de six ans. En 2012, la perspective de changer de région, de secteur, de type d’entreprise s’offre à lui. Il est alors nommé directeur juridique d’Adecco France, filiale du groupe international Adecco.
Comment elle s’organise
Deux pôles réunissent vingt juristes. Le premier est dédié au droit social et gère toutes les relations individuelles, aussi bien des permanents que des intérimaires. «Avec 40 000 contrats par jour, cela représente un volume certain. Nous sommes organisés par région et par business unit, afin d’accompagner le développement du groupe reposant sur la notion de services offerts aux clients.» Le pôle droit des affaires réunit des compétences en corporate, assurances, contrats fournisseurs, contrats informatiques, données personnelles et le support à la direction des grands comptes. Le directeur juridique intervient de manière directe sur les questions d’affaires publiques avec le secrétaire général. «A ce titre, nous intervenons lors de l’élaboration des différentes lois, lors de consultations avec les pouvoirs publics compte tenu de notre expertise.» Chaque pôle est dirigé par un responsable, réunis toutes les deux semaines, avec en plus un ou deux juristes selon les sujets. «Deux à trois fois par an, je réunis tout le monde pour donner la feuille de route de l’année à venir, transmettre et expliquer les résultats du groupe et redescendre l’information donnée lors de la réunion annuelle des directeurs juridiques dans le monde.» Tous les deux mois, un point est fait avec le directeur juridique groupe.
Comment elle se positionne
«On est facilement consulté par les équipes, car il y a un état d’esprit juridique important. Des processus existent et sont respectés, mais le plus intéressant est que tout se fait très naturellement.» Ainsi, la direction, très proche de la présidence, est naturellement consultée sur les décisions stratégiques. «Notre activité repose sur des femmes et des hommes, et exige beaucoup de précision. D’autant plus qu’un nombre croissant de grands contrats internationaux sont signés directement par de grands groupes clients avec le siège à Zurich et que nous sommes très impliqués dans leur mise en œuvre locale. L’organisation du groupe repose sur la confiance, la transparence et la décentralisation. C’est à la fois très responsabilisant et motivant.» L’objectif est clair : «Sécuriser les hommes et les affaires, accompagner les clients face à un droit du travail très complexe, leur apporter des solutions pour se développer.»
Qui la conseille
«Pour les questions de contentieux en droit social, nous avons structuré la prise en charge par trois cabinets : CMS – Bureau Francis Lefebvre avec Guillaume Bossy ; François Vaccaro, de Vaccaro & Associés ; PRK avec Alexandre Khanna. Pour les autres domaines du droit, c’est au cas par cas, sans jamais déléguer. En concurrence, Linklaters avec Anne Wachsmann. En droit des contrats, Racine avec Valérie Ledoux. En contentieux, August & Debouzy avec Marie Danis. Alexandra Neri, d’Herbert Smith Freehills, est consultée sur les questions IT très particulières.»