A 53 ans, Marc Henry, associé au sein de Hughes Hubbard & Reed, vient d’être nommé président de l’Association française d’arbitrage (AFA).
Il succède ainsi à Bertrand Moreau qui officiait à la tête de l’institution depuis 2015. Un passage de relais qui s’accompagne également d’un changement générationnel. Le conseil d’administration s’est d’ailleurs rajeuni et est aujourd’hui composé d’une majorité de quarantenaires et cinquantenaires.
Avec leur appui, le cinquième président de l’AFA souhaite poursuivre les actions de promotion de l’arbitrage institutionnel : «Trop d’acteurs économiques ignorent encore les avantages de ce mode de résolution des conflits, souligne-t-il. Pratiquant le contentieux judiciaire et l’arbitrage, je constate pourtant au quotidien les atouts de ce dernier, tant en termes de délai que de maîtrise des risques.» Pour convaincre les entreprises, Marc Henry entend casser certaines idées reçues : «L’arbitrage est toujours perçu comme plus cher que le judiciaire. Certes, le coût immédiat est plus élevé qu’une action devant le tribunal de commerce, mais la rapidité de la procédure et la meilleure gestion des risques sont quant à elles sources d’économie.» Un groupe de travail réunissant experts financiers et professionnels du droit va ainsi être créé afin de mener une étude comparative entre les coûts de l’arbitrage et ceux du judiciaire. Une attention particulière sera également portée au développement de l’arbitrage d’urgence. «Ce type d’arbitrage, qui équivaut d’une certaine manière au référé, est encore très peu employé, regrette-t-il. Il fonctionne pourtant très bien même sur des enjeux importants.»
Docteur en droit de l’université Paris I Panthéon Sorbonne, Marc Henry commence sa carrière chez Bredin Prat. En 1989, il rejoint Siméon & Associés, où il est promu associé cinq ans plus tard. Il exerce ensuite au sein de Lovells de 2001 à 2009 avant d’intégrer Hughes Hubbard & Reed.