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Portrait

MK2 : la direction juridique d’Annabel Rigard-Abramowitz

Publié le 18 décembre 2019 à 12h37

Emmanuelle Serrano

Parcours du directeur juridique, organisation de son équipe, explications sur son fonctionnement et sur ses conseils. Découvrez le portrait d'une direction juridique.

Qui la dirige

La philosophie mène à tout et notamment au droit. C’est le rôle du droit dans la cité antique qui a convaincu Annabel Rigard-Abramowitz, qui était alors une lycéenne lyonnaise, d’emprunter cette voie plutôt que le chemin tout tracé vers de hautes études commerciales. Bac en poche, direction l’université Jean Moulin – Lyon III. Le droit moral et le lien qu’il établit entre l’œuvre et son créateur la passionnant, elle décide de creuser le sillon de la propriété intellectuelle et «monte» à Paris pour suivre le Master 2 du professeur Pierre-Yves Gautier en droit de la propriété littéraire, artistique et industrielle. Puis elle décide de faire plusieurs stages, afin d’être davantage préparée et «opérationnelle» avant de chercher son premier emploi en CDI. Elle passe son certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Elle complète ainsi son bagage et sa culture juridique, car elle est bien décidée à travailler en entreprise plutôt qu’en cabinet. Gilles Doucet, juriste à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), lui met le pied à l’étrier en l’engageant en 1999 sur un CDD de remplacement. Elle travaille ensuite pour l’avocat de la Sacem puis dix ans au sein du cabinet de Bruno Ryterband et François Pouget, spécialisé dans la défense des droits d’auteurs et producteurs dans de multiples secteurs (musique, cinéma, etc.). Finalement, celle qui voulait commencer sa carrière en s’immergeant dans le monde de l’entreprise va passer onze ans au Barreau de Paris. «Contre toute attente, l’adrénaline et l’excitation de la plaidoirie ont été une révélation pour moi», explique-t-elle. Elle plaide ainsi régulièrement pour des auteurs et fait du conseil pour des producteurs, éditeurs et majors américaines. Mais l’avocate a toujours le désir de travailler en entreprise. C’est à ce moment-là, à la mi-2010, qu’elle apprend que la directrice juridique du groupe MK2, Laura Vermorel, quitte son poste. Elle propose sa candidature. Elle est embauchée.

Comment elle s’organise

Outre Annabel Rigard-Abramowitz, rattachée au président du groupe, la direction juridique comporte un juriste, spécialisé au départ en droit des marques, ainsi qu’une assistante paralégale, tous deux très polyvalents. Elle a trois missions. Elle doit rendre les opérationnels les plus autonomes possible sur le volet juridique de leurs activités grâce à la mise à disposition d’outils (documents, process, contrats types) et à la fourniture de conseils en amont. Sur le volet stratégie d’entreprise, le management du groupe la consulte sur ses chantiers de développement et la mise en place de nouvelles activités (réalité virtuelle, événementiel, PSG Expérience, ouverture de salles…). Enfin, la direction traite de questions transverses comme la mise en place de la signature électronique, les données personnelles ou la gestion du catalogue de marques du groupe.

Comment elle se positionne

Le groupe est organisé en trois pôles : le pôle cinéma (MK2 Cinémas) avec 26 complexes de cinéma en Europe dont 12 à Paris parmi lesquels certains avec des magasins, des restaurants ; le pôle contenus (MK2 Films) chargé de la gestion et de l’enrichissement du catalogue et l’agence augmentée MK2+ qui englobe un studio produisant des expériences immersives, la régie événementielle ainsi que la régie média en charge des campagnes publicitaires sur mesure dans le magazine «Trois Couleurs» édité par le groupe, sur les sites internet et dans les salles. La direction juridique gère le juridique de la holding, de MK2 Cinémas et de MK2+. Les aspects RH, denses en raison des salles, ainsi que les questions de droit social sont traités par une responsable juridique avec le secrétaire général du groupe. Pour MK2 Films, une cellule Legal & business affairs composée d’une responsable juridique et d’une juriste, planche sur les contrats de coproduction, d’acquisition et de vente de films. «Aujourd’hui, je fais essentiellement du droit des affaires, de l’immobilier, de l’urbanisme, du droit public et de la propriété intellectuelle», détaille la DJ. Sur les projets immobiliers, elle travaille avec le secrétaire général, et intervient parfois en support corporate auprès du DAF. Sur un plan plus patrimonial, elle s’occupe du renouvellement des droits d’auteurs des films du catalogue appartenant au groupe (Truffaut, Bresson, Resnais, Chabrol, Rivette, Carné…) et gère les précontentieux et contentieux.

Qui la conseille

Le groupe MK2 travaille avec Bruno Ryterband, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et médias. En fiscalité et droit des sociétés, l’entreprise s’adresse à Jean-Pierre Le Sergent et Nadine Bénichou. Sur les aspects de droit public, le groupe fait appel aux services de François Sureau, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation. MK2 ayant beaucoup de dossiers immobiliers à suivre, il collabore avec Patrick Baudouin, cofondateur du cabinet Bouyeure Baudouin Chamard Bensahel Gomez-Rey ainsi qu’avec Magali Tardieu Confavreux et Elie Azeroual, associés au sein du cabinet TGLD Avocats. Sur les aspects de baux commerciaux, Jehan-Denis Barbier, associé du cabinet Barbier Associés, fait aussi partie des conseils. Le groupe ayant récemment lancé un projet de franchise à Nouméa, il a été accompagné par Gilles Menguy de GM Avocats & Solicitors. De plus gros cabinets comme Lacourte Raquin Tatar peuvent intervenir sur des dossiers spécifiques.


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