Exerçant au sein du bureau parisien de Kramer Levin depuis 2012, Noëlle Lenoir devrait quitter le cabinet cet été pour fonder sa propre structure.
A 72 ans, celle qui fut la première femme à devenir membre du Conseil constitutionnel (1992-2001) n’est pas décidée à raccrocher la robe. Accompagnée de son équipe, Noëlle Lenoir souhaite continuer d’assister les entreprises sur ses domaines de prédilection, à savoir la conformité, la protection des données, le droit européen et public des affaires : «J’ai le souhait depuis longtemps de créer une structure identifiée sur les sujets de responsabilité sociale de l’entreprise et de gestion de crise. Le moment est venu», déclare-t-elle. La nouvelle boutique devrait se rapprocher d’un cabinet spécialisé en droit social, une façon de mutualiser les moyens mais aussi de combiner des savoir-faire complémentaires : «Les dossiers d’enquêtes internes et internationales, notamment sur la corruption, impliquent toujours des aspects de droit social», souligne-t-elle.
Faisant partie des trois experts nommés par Airbus, en 2017, pour améliorer le dispositif anticorruption du géant de l’aéronautique, Noëlle Lenoir a développé une forte expertise sur la mise en place et le suivi des programmes de compliance. Elle assiste également ses clients dans le cadre de procédures de discovery pour les aider à déterminer quels documents doivent être transmis aux autorités américaines et dans quel cadre ; expertise dont elle tire aussi parti pour les sujets de protection des données. Enfin, de par son parcours dans la sphère politique et la haute administration, elle apporte son expérience en matière de droit public des affaires et droit européen.
Titulaire d’un DESS de droit public et diplômée de Science Po Paris, Noëlle Lenoir œuvre durant dix ans en tant qu’administratrice au Sénat, puis devient directrice de la réglementation de la CNIL (1982 à 1984). Nommée au Conseil d’Etat en 1984, elle dirige ensuite le cabinet du ministre de la Justice (1988-1990), puis prend en charge une mission sur le droit de la bioéthique. Devenue membre du Conseil constitutionnel, et après avoir occupé différentes fonctions internationales, elle est nommée ministre des Affaires européennes en 2002. En 2004, elle embrasse la profession d’avocat, qu’elle exerce successivement au sein de Debevoise & Plimpton, Jeantet, puis Kramer Levin.