La lettre d'Option Droit & Affaires

DEAL DE LA SEMAINE

Sanofi investit dans la biotech montpelliéraine Sensorion

Publié le 4 février 2026 à 15h06

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 5 minutes

Sensorion, start-up tricolore spécialisée dans les thérapies pour lutter contre la perte auditive, réalise une augmentation de capital de 60 millions d’euros dont un tiers venant du géant Sanofi qui prend 13,9 % du capital. Elle accueille également des investisseurs américains parmi lesquels Cormorant Asset Management et Coastlands Capital.

Sensorion fait parler d’elle. La société montpelliéraine qui travaille sur des thérapies pour les personnes souffrant de perte auditive vient de réaliser une augmentation de capital de 60 millions d’euros, deux ans après une levée de fonds de 50 millions d’euros (ODA du 21 février 2024). Elle accueille à cette occasion comme investisseur stratégique le groupe pharmaceutique Sanofi qui met un ticket de 20 millions d’euros, pour environ 13,9 % du capital. L’entreprise occitane, créée en 2009, reçoit également le soutien de ses investisseurs Redmile Group, Artal et Sonnova Partners et séduit des fonds américains parmi lesquels Cormorant Asset Management et Coastlands Capital. Cette nouvelle levée de fonds intervient dans un contexte dynamique pour le secteur des biotechs Made in France. A l’automne dernier, la start-up marseillaise ImCheck Therapeutics spécialisée dans les thérapies d’immuno-oncologie a été rachetée par l’acteur tricolore Ipsen (ODA du 29 octobre 2025), tandis que la biotech marseillaise Adcytherix opérant dans les « conjugués anticorps médicaments » a réalisé un tour de table record de 105 millions d’euros (ODA du 22 octobre 2025). Sanofi est assistée par Ropes & Gray avec Fabrice Cohen, associé, Clément Delaruelle, counsel, Elsa Lalanne, en corporate M&A. Sensorion est conseillée par McDermott Will & Schulte avec Emmanuelle Trombe, associée, en life sciences ; et Bertrand Delafaye, associé, Henri Nalbandyan et Agathe Bourdillon, en marchés de capitaux. Les banques sont soutenues par Gide avec Arnaud Duhamel, associé, Aude-Laurène Dourdain, counsel, Yasmine Tanji et Marie des Neiges Paupe, en marchés de capitaux.

Le conseil de Sanofi : Fabrice Cohen, associé chez Ropes & Gray

Quels sont les éléments marquants de cette opération ?

Sensorion est une société pionnière de biotechnologie française spécialisée dans le développement de nouvelles thérapies destinées à restaurer, traiter et prévenir les troubles de la perte auditive. L'entreprise, cotée sur Euronext Growth, recherchait des financements pour faire face à ses besoins de trésorerie à court terme dans le cadre d’essais cliniques actuellement en œuvre et liés au développement de son portefeuille de produits de thérapie génique. L’investissement de Sanofi marque l’entrée au capital d’un actionnaire stratégique, qui apporte à Sensorion une part significative du financement, à savoir 20 millions d'euros sur une levée globale de 60 millions d’euros. Il a également conforté les principaux actionnaires, notamment Sofinova et Redmile, dans leur souhait de réinvestir, tout en attirant d’autres investisseurs, essentiellement américains et spécialisés dans le domaine de la santé comme Cormorant Asset Management et Coastlands Capital. A l’issue de la transaction, Sanofi détient 13,9 % du capital social et des droits de vote de Sensorion. Le groupe pharmaceutique se rapproche ainsi d'une jeune pousse, dont le siège est situé sur l’un de ses sites industriels à Montpellier, pour la soutenir dans le cadre de son développement futur.

Quels ont été les enjeux des négociations ?

Il s’agissait pour Sanofi de s’assurer que son investissement allait bien servir au développement d’un produit particulier, le SENS-601 (GJB2-GT), et au recrutement de la première cohorte pour les essais cliniques. Les échanges ont donc porté à la fois sur les aspects juridiques et financiers de l’augmentation de capital. Ils ont également concerné les dimensions business, Sanofi étant désireuse de s’impliquer sur les enjeux scientifiques, notamment au sein du comité dédié de la société. Le groupe pharmaceutique souhaitait par ailleurs que d’autres acteurs montrent un intérêt pour cette opération – ce qui confortait les éléments de prix – tout en conservant une position d’investisseur stratégique avec une vue et des perspectives à long terme.

Quelles ont été les complexités de l’opération ?

Le temps a été le principal défi car nous avons dû réaliser la transaction dans un délai très court d’une quinzaine de jours. Il s’agissait en outre de s’assurer que la participation détenue in fine par Sanofi n’aurait pas pour effet de consolider Sensorion dans les comptes du groupe.

Ce secteur est-il plus résilient que d’autres dans le contexte actuel dégradé ?

En dépit d’un environnement économique globalement difficile, les prises de participation dans le secteur de la santé restent soutenues. Il s’agit essentiellement d’investir sur l’avenir et de trouver de nouvelles sources de revenus. Le marché français est riche de jeunes pousses prometteuses, ce qui explique le nombre d’opérations réalisées sur les biotechs tricolores et l’attrait des investisseurs étrangers, notamment américains. Les principaux laboratoires – dont Sanofi – s’engagent par ailleurs énormément dans la recherche de nouveaux traitements dédiés à certaines pathologies. Ils le font souvent aux premiers stades du développement à un moment où ces entreprises ont des besoins de trésorerie largement supérieurs à leurs revenus.


La lettre d'Option Droit & Affaires

Tous les deals de la semaine

Pierre-Anthony Canovas    Temps de lecture 9 minutes

Private equity, fusions-acquisitions et droit général des affaires, suivez les grands dossiers de la semaine.

Lire l'article

Chargement…